SALON DU ZODIAQUE
Le salon du Zodiaque, l'un des plus beaux de l'Hôtel de Ville, tenait cette dénomination de la représentation allégorique en sculptures sur bois des douze signes du Zodiaque. De petits médaillons ronds placés au-dessus des sujets indiquaient l'allégorie, dans l'ordre suivant :
1° Le Bélier. — Un voyageur en costume oriental appuyé contre un fût de colonne.
2° Le Taureau. — Femme drapée à l'antique supportant le médaillon qui contient le signe; près d'elle une corne d'abondance.
3° Les Gémeaux. — Diane chasseresse.
4» Le Cancer. — Un berger.
5° Le Lion. — Un faucheur.
6° La Vierge. — Un paysan coupant du blé.
7° La Balance. — Un paysan foulant du raisin dans une cuve.
8» Le Scorpion. — Un semeur.
g» Le Sagittaire. — Un liomme allumant un feu de bois sur lequel rôtit un sanglier.
10" Le Capricorne. — Un homme présentant des fruits sur un plat.
Il" Les Poissons. — Un philosophe ancien debout; près de lui un chien.
12" Panneau contenant dans un médaillon une couronne, un croissant avec un arc et un carquois.
Au-dessus, corbeille de fruits.
Dans l'ouvrage de Leroux de Lincy sur l'Hôtel de Ville, nous trouvons la note suivante relative à ces sculptures : « Les descriptions de la ville de Paris citent comme étant l'œuvre de Jean Goujon les sculptures en bois de la salle du Zodiaque attenant à la grande salle de réception et qui représentent les différents mois de l'année sous l'aspect de douze femmes avec des attributs qui les distinguent. Il est douteux cependant que ces sculptures de petit modèle soient l'œuvre originale de ce maître, et voici pourquoi : c'est qu'on les retrouve, mais sur une grande échelle cette fois, de la main de Jean Goujon, parmi les sculptures de l'hôtel Carnavalet. »
Leroux de Lincy a commis là une grave erreur. Les bas-reliefs de la porte du Zodiaque n'étaient point des réductions des Quatre Saisons de Jean Goujon qui ornent une des façades de la cour de l'hôtel Carnavalet. Les sujets allégoriques représentés ici et là n'offrent entre eux aucune analogie de composition et d'exécution. Ces bas-reliefs n'étaient assurément point du grand sculpteur. Les registres de compte de la ville ne contiennent aucune mention relative à leur exécution.
La cheminée qui décorait ce salon mérite également d'être mentionnée : elle se composait d'un entablement d'une simplicité de très bon goût, supporté par deux cariatides, deux femmes vêtues et les bras croisés. Le fronton était formé d'un médaillon représentant la tête de Henri IV laurée, avec deux génies, l'Agriculture et l'Abondance, comme supports.