‹ L'ancien Hotel de Ville de ParisChapitre 49 sur 68 · ARCUEIL · texte numérisé non relu

ARCUEIL

Galene du Secrétariat

travaux. Le rétablissement de l'octroi, la création des abattoirs, la formation des budgets, les travaux édilitaires, tels que les percements de la rue de Rivoli, des quais Napoléon et Montebello, y avaient également laissé des traces considérables, ainsi que les ■fêtes et les cérémonies publiques, depuis la fédération du Champ de Mars jusqu'au mariage de Napoléon I".

La Restauration, le gouvernement de Juillet, la République de 1848 et le second Empire avaient légué de nombreux actes administratifs à ce dépôt; les plus importants avaient fort heureusement été imprimés ; ce qui a contribué à atténuer la perte des originaux et en a permis la restitution. On a recherché ces imprimés ; on a glané partout les copies et les expéditions diverses des actes détruits, et l'on a réussi à reconstituer ainsi la majeure partie des pièces incendiées. Mais les archives contenaient un trésor unique, inappréciable, que l'on ne peut remplacer : la collection des registres de l'état civil des paroisses de Paris, formant une série de plusieurs milliers de volumes, dont les plus anciens remontaient aux xiif et xiv' siècles. Toute la population parisienne était là, enregistrée dans les trois actes importants de la vie civile et religieuse: baptême, mariage, inhumation. Des généalogies, des signatures, des renseignements intimes qu'on aurait vainement cherchés ailleurs abondaient dans cette collection. Toutes les illustrations parisiennes dans tous les genres avaient là leur état civil. Ces registres précieux pouvaient fournir la matière de plusieurs millions de biographies. Les historiens, les chroniqueurs y avaient puisé abondamment; mais quelles découvertes curieuses n'y avait-il point- encore à y faire! Un grand nombre de points obscurs de notre histoire littéraire, industrielle, mihtaire et religieuse avaient là sans aucun doute leur solution. C'est véritablement en brûlant ces documents que la Commune a détruit le berceau de Paris. Fort heureusement, des érudits avaient fouillé patiemment ces registres. L'un d'eux, que la mort a enlevé récem-

ment à la science, un chercheur infatigable et toujours heureux, Jal, y avait, particulièrement, fait de remarquables découvertes. Dans la seconde édition de son Dictionnaii'e biographique, il nous fournit à ce sujet les renseignements suivants :

« Je suis heureux que mon travail biographique se soit enrichi d'extraits innombrables des registres si indignement et si inutilement détruits ; ces extraits ne sont pas empruntés aux actes les plus intéressants peut-être, mais ils ont une importance qu'ont bien voulu reconnaître toutes les personnes qui s'occupent des arts, du théâtre, des lettres et de l'histoire à certains points de vue. Ils ne sont pas tout ce qui reste des archives incendiées, ce serait trop dire ; ils en sont certainement au moins le reste le plus considérable. Un éditeur de M"° de Sévigné a recueilli beaucoup d'actes; M. de Manne en a réuni un certain nombre qui intéressent les gens de théâtre; M. Ravenel en avait une collection. »

M. le comte de Laborde, directeur des Archives de l'empire, avait fait relever vers 1862, sur les registres de l'état civil, tous les actes relatifs aux peintres, tailleurs d'images, architectes, brodeurs, imprimeurs, libraires, relieurs, etc., du xvi' siècle et de la première moitié du xvii° siècle. En 1862, M. Harduin, qui collaborait pour la partie concernant les artistes à la Nouvelle Biographie générale du D' Hoëfer, a transcrit ou analysé un très grand nombre d'actes et de documents. Quatre cent cinquante-six ont été imprimés dans le Cabinet de l'amateur; le reste, soit 2,600 documents, a fourni la matière d'une publication fort intéressante, éditée par Herluison à Orléans, sous ce titre : Actes d'état civil d'artistes français, peintres, graveurs et architectes, extraits des registres de l'Hôtel de Ville de Paris, détruits dans l'incendie du 2^ mai iSyi.

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