RUE DE LA MONTAGNE
(Aujourd'hui : Côte de la Montagne).
Population: 160 âmes; habitations : 27.
Cette rue s'étendait depuis la porte de l'Evêché (sur l'emplacement de l'Hôtel du Gouvernement, brûlé en 1883) jusqu'au jardin de M. de Lino.
Comme nous l'avons vu, M. de Lino, procureur du roi, habitait la rue Sous-le-Fort, et le jardin qui formait la limite d'en bas de la rue de la Montagne appartenait au père du procureur du roi, et se trouvait sur le terrain occupé, maintenant, par l'imprimerie, les bureaux de rédaction de V Electeur et de La Justice, du Morning Chronicle et par le magasin de la [maison Beaudet et
Chinic ; il se trouvait, par conséquent, au sudouest de la batterie Dauphine, qui était montée sur le bord du port et située à côté, vers le nord, du couvent fondé, comme je l'ai déjà dit, par la Sœur Bourgeoys.
La rue ou la côte de la Montagne n'était pas, il y a 174 ans, ce qu'elle est aujourd'hui, quoiqu'elle soit encore de beaucoup trop raide :
c'était, alors, un sentier étroit et tortueux, à peine assez large pour y laisser passer cheval et voiture. Il y avait, cependant, sur le parcours de ce casse-cou, 27 feux renfermant 160 âmes.
Il n'y avait qu'un seul marchand sur cette rue : François Foucault, un exempt de la Maréchaussée.
Les représentants de l'aristocratie de l'époque étaient : Grasp »rd Emeri ou^Emery dit La Sonde, chirurgien, et Jacques Barbel, notaire royal et secrétaire de Michel Begon, le huitième intendant de la Nouvelle-France.
" Aux registres de Beauport, dit Mgr Tanguay, le nom d'Emery a été écrit, en 1717, Ainceri" Il mourait en 1718, et sa veuve, Marie-Thérèse Ooiffard, se remariait avec Henri Coffinier, à Québec, 7| mois après le décès de son mari. Elle n'appartenait pas à la classe des veuves inconsolables.
Jacques Barbel, lui, se maria trois fois et il eut de ses trois femmes 15 enfants. Il mourait en 1Ï40 et fut inhumé dans l'église des Récollets. Il portait aussi le titre de Seigneur (TArgentenay.
Demeurait aussi sur cette rue, Mgr de Saint- Vallier, deuxième évêque de Québec, mort en
On y comptait, de plus : 1 serrurier ; 1 ferblantier ; 3 cordonniers ; 1 charretier ; 1 navigateur ; 1 horloger et orfèvre ; 1 charpentier ; 1 barbierperruquier ; 2 forgerons ; 2 tailleurs ; 1 cloutier, et un sergent des troupes, Michel de la Roche dit Lafontaine.