RUE NOTRE-DAME
Il y avait, sur cette rue, une population de 149 âmes et 28 feux. En 1*716, elle avait le même parcours qu'elle a maintenant: elle allait du bout sud de la rue Sault-au-Matelot jusqu'à l'église de la Basse-Ville.
Notre-Dame devait être une des principales rues de commerce, puisque l'on y comptait, à cette époque, jusqu'à dix marchands, deux noms desquels sont parvenus jusqu'à nous : Charles Perthuis et Joseph Fleury de la G-orgendière.
Le premier mourut à Québec, en 1722, et fut inhumé dans l'église paroissiale, aujourd'hui la Basilique.
Joseph Fleury, Sieur de la G-orgendière et seigneur d'Eschambault, était marié à Claire Joliet ; ils eurent 15 enfants. En 1728. une de ses filles, Marie-Claire, se mariait à Thomas- Jacques Taschereau ; elle mourut à l'âge avancé de 89 ans. Une autre fille, Louis-Thérèse, épousait, en 1*733, Pierre-François Rigaud de Yaudreuil; elle mourut en France. Leur mère, née en 1685, à Québec, mourait, en 1*787, à Page remarquable de 102 ans. Elle s'était mariée à l'âge de 1*7 ans, et ses deux filles, nommées plus haut, se mariaient, toutes deux, à peine âgées de 20 ans.
Leur père mourait à *79 ans et il fut inhumé dans l'église.
Demeuraient sur cette rue : Florent de la Cetière ou Cettierre, notaire royal ; Martin Chéron, conseiller; François-Mathieu (Mgr Tanguay dit : Mathurin) Martin de Lino, conseiller, père du procureur du roi, qui demeurait sur la rue Sousle-Fort ; Pierre Rivet-Cavelier, notaire royal ; Charles Macard ou Maeart, conseiller ; François Hazeur, conseiller ; Catherine Testard, veuve du Sieur Douaire ; Geneviève Roussel, veuve du Sieur Louis Chambalon, notaire ; Michelle Masse, veuve du Sieur Joseph Riverain ou Riverin, et Louise Allemand, veuve du Sieur Jean-Bte Charest, fils : 4 veuves, dont la plus jeune avait 30 ans, et la plus âgée 50.
De la Oetière ou de la Cettierre, dont Mgr Tanguay écrit le nom de la Citière, remplissait aussi la charge déjuge, à Beauport.
Chéron était conseiller et garde-magasin du roi. Il eut deux femmes et 1*7 enfants, 12 avec la première, et 5 avec la seconde. Deux de ses filles se firent hospitalières : les Sœurs Sainte-Anne et Saint-Martin.
De Lino, conseiller, dont le jardin devait occuper remplacement du bâtiment où se trouvent L'Electeur, La Justice, etc, (voir plus haut,) résidait dans les environs, probablement sur le site de la première maison, au nord, de la rue Notre-Dame.
Pierre Rivet-Cavelier était marié à Marie- Madeleine Rageot, enfant posthume de G-illes Rageot et sœur des deux prêtres Rageot, dont il a déjà été parlé.
François Hazeur, qui demeurait près de l'église de la Basse- Ville, était marié à Catherine Martin de Lino, fille du conseiller et sœur du procureur du roi nommés plus haut. Il était, lui, le frère des deux prêtres Hazeur dont il a déjà été fait mention.
Douaire, nommé plus haut, était un de Bowly : il mourait à Québec, en 1702, et Catherine Testard, sa veuve, lorsqu'elle se mariait avec lui, en 1693,
était déjà veuve de Pierre Pinguet de Montigny, qui fut tué par les Anglais, au combat de Laprairie, en 1691.
Louis Chambalon était aussi médecin. Il s'était d'abord marié à Marie- Anne Pinguet, sœur de Pierre Pinguet de Montigny, ci-dessus nommé, et de l'abbé Jean Pinguet, mort au séminaire de Québec, en 1715, et inhumé dans la cathédrale. Cette première femme de Chambalon mourait en 1694, et 4 mois moins 3 jours après, Chambalon se mariait à Geneviève Roussel ; on n'est pas médecin et notaire tout à, la fois pour se faire mourir à pleurer. Quant à lui-même, il mourait l'année du recensement : en 1716.
Michelle Masse (Mgr Tanguay écrit Mars) était veuve pour la seconde fois ; la première, de Raymond Dubocq, puis de Joseph Riverin, marchand banquier, à Québec, et frère de Denis Eiverin, aussi marchand et directeur de la compagnie des Pêches.
Michelle Mars était la fille de Simon Mars, un des ancêtres de Sir Etienne-Paschal Taché.
Louise Allemand était veuve de Jean-Bte Charest ou Charets dit Dufils. Il était marchand, à Québec, et fut inhumé dans l'église, en 1715.
Il n'y avait, sur la rue Notre Dame, en 1716, qu'un seul tailleur et un cordonnier. Il n'y avait
qu'un aubergiste : Jean-Bte Halle, aussi maître de barque.
Le conseiller de Lino et le marchand Fleury de la G-orgendière avaient, chacun, une servante anglaise.