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LE REGIME FRANCAIS

DÉDIÉ À L'HONORABLE CHARLES LANGELIER, SECRÉTAIRE DE LA PROVINCE DE QUÉBE(

Je pose en principe que tout homme qui, ayant lies connaissances nécessaires, s'occupe à, l'étude de notre Histoire, y consacre ses loisirs, a son utilité marquée parmi nous. C’est en faisant connaître à nos compatriotes ce que furent nos Pères que nous formerons des patriotes ; car rien de plus beau, de plus grand dans son dévouement désintéressé, dans ses actes d'héroisme, dans sa bravoure à toute épreuve que l'histoire de ce peuple de laboureurs dont nous sommes les descendants. (C’est en lisant nos annales et en les lisant attentivement que nous devenons fiers et orgueilleux de nous nommer Canadiens. Il fut un temps où ce titre, au blason sans tache, nous était jeté à la figure comme une insulte. ‘Nos grands hommes d'alors (nous en avons eu de ces

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grands hommes à toutes les époques critiques de notre histoire) ont relevé le gant et ont fait voir à la morgue anglaise que ce titre méritait le respect et l'admiration.

Plus tard, en 1775 et en 1812, les Anglais comprirent que ces Canucks dont on avait voulu faire un objet de mépris, avaient conservé, sous leur apparen’e modeste, toute la bravoure, toute la générosité, tout l'élan de’la race française, et l’on dut convenir, les uns de bonne grâce, les autres avec répugnance, que les Canadiens avaient deux fois conservé le pays à la couronne anglaise, Ce titre que MM. les Anglais n'avaient pu dégrader, avilir par leur mépris hautain, ils s’en affublent aujourd'hui et se font une gloire de le porter.

Ces souvenirs me sont revenus à la mémoire en examinant et étudiout une “Collection de plans des anciennes fortifications françaises construites en Canada depuis la découverte du pays jusqu'à la cession, en 1760.” Le major H. Roy, employé aux archives de Québec, au Bureau du Registraire, est l’auteur de cette collection précieuse.

M. Roy, depuis 8 ou 9 ans,a consacré ses heures de loisir à ce travail de Bénédictin. Il a pu, jusqu'à présent, réunir les plans et les dessins de 60 fortifications. Quelques-uns de ces plans sont de son propre crayon ; les autres ont été dressés, à ses frais, par différents dessinateurs, entre autres M.

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L.-P. Vallerand, bien connu, à Québec, par ses dessins habiles. Tous ces plans et dessins sont en couleurs variées et ont coûté un fort joli denier à M. Roy.

Ce chercheur, je pourrais dire ee piocheur infatigable et persévérant, a réuni les plans de 60 fortifications ; ces fortifications sont de deux sortes: l'offensive et la défensive. M. Roy est à la veille de porter le nombre de sa collection au nombre de 100. C’est done 40 plans de fortifications ou forts qu'il lui reste à compléter.

Cette collection, une fois terminée, sera unique dans son genre, au pays. Quant à son utilité, au point de vue historique, elle saute tellement aux veux, qu'il n’est pas nécessaire d'en parler 1ci. Ce travail gigantesque fera les délices de nos archéologues et de tous nos compatriotes amoureux de notre histoire à son époque la plus belle et la plus intéressante pour nous: celle des 152 ans du régime français. L'archéologie est en quelque sorte la science des origines. En examinant cette série de fortifications, de forts et de redoutes, l'antiquaire où l’archéologue pourra, pour ainsi dire, tracer, par l'examen chronologique de ces monuments militaires, l’état social du peuple canadien aux époques déterminées par les dates de ces constructions.

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Pour les militaires, cette collection est une mine précieuse. Nil est tant soit peu versé dans la science de l'archéologie ancienne et moderne, il pourra établir une comparaison utile et intéressante entre la construction française des fortifications, au 17e et au 18e siècle, et celle des autres nations, aux mêmes époques.

De quelque côté que nous lenvisagions, ce travail du major Roy, qui lui a valu des recherches longues et coûteuses, est un diamant précieux de plus ajouté à notre écrin historique ; il est utile à tous, mais avant tout à nous les descendants des premiers enfants de la Nouvelle-France.

Avant d'entrer dans d’autres considérations.

passons à la liste des dessins et plans contenus dans la collection terminée, jusqu’à présent, par le major Roy, au nombre de soixante. Pour être plus agréable et surtout plus utile au lecteur, je donne plusieurs des noms des auteurs de ces constructions et le nom moderne topographique à côté de l'ancien, quoique ceci demande de lonœues recherches.

1. Plan du port La Jove,” aujourd'hui: Charlottetown, sur l'ile du Prince-Edouard, la capitale de l’ancienne île Saint-Jean.

2, Plan des bâtiments construits au port La

Joye.

3. ‘* Plan d'une redoute projetée sur la Pointeà-la-Framboise, située à droite de l’entrée du port La Joye.” Cette pointe est formée par la baie nommée aujourd'hui Æil/sborough.

4. ** Plan d’un fort projeté à quatre bastions en picquets, au havre Saint-Pierre de l'isle Naint- Jean, en deux parties.”

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