Plan du fort Carillon
Ce fort fut bâti, en 1756, par Vaudreuil-Cava-
gnal, le dernier gouverneur-général de Ja Non-
ni abeille vitae 5 als atntlte Ga dia fé Lie ds Dh {5 S SU) AS LEE. LC)
velle-France. Ilétait situé à mi-chemin entre le lac Saint-Sacrement et le lac Champlain. Ce fut là que Montcalm, Lévis et Bourlamaque, le 8 de juillet de 1758, repoussèrent, avec seulement 3,000 Canadiens, le général américain Abercromby qui avait 15,000 homms, et lui en firent perdre 5,000. En 1759,le général Amherst, qui avait remplacé Aberezomby, s'empara du fort de Carillon. le fortifia de nouveau et lui donna le nom de
T'irondéroga.
Ce non glorieux de Carillon a inspiré à notre poëte national, le regretté Octave Crémazie, un de ses plus beaux chants : “Le Drapeau de Carillon.”
37. ‘ Plan de l'attaque du fortde Lévis” Ce fort était situé à la tête des rapides du Saint-Laurent sur l'île Rovale, portant maintenant le nom de Chimney Island, à une lieue environ en aval d'Ogdensburg, dans l'état de New-York, et faisant face à Prescott, dans le Haut-Canada. Le général Amherst, nommé plus haut, s'empara de ce fort, en 1760, après une résistance héroïque par Île capitaine Pouchot, qui, avec 200 homines seulement, arrêta, pendant 12 jours, les 11,000 soldats anglais qu'Amherst dirigeait sur Montréal.
38. ‘ Plan du sièegs de l'Isle aux-Noix, en 1760. Cette île, sitnée comme une corbeille de verdure
dans la rivière Richelieu et à l'entrée du la
Champlain, fait face, vers le nord, àla paroisse de Saint-Valentin, dans le comté de Saint-Jean. Elle fut le théâtre de plusieurs combats: fortifiée en 1759 par les Français, elle fut prise par Amherst, l’année suivante, nonobstant la défense généreuse de Bourlamaque, qui dut succomber sous le nombre, comme Pouchot au fort Lévis. En 1775. les Américains s'emparèrent de l'Ile-aux-Noix, alors au pouvoir des Anglais.
Le gouvernement du Canada a placé sur cette île, devenue sa propriété, un gardien chargé du soin et de la surveillance des baraques reconstruites vers 1812.
39. “ Plan du terrain de la Pointe-à-la-Chevelure où est marqué le Fort de pieux construit en 1731."
Ce fort, poste très important, était situé à la tête ln lac Champlain, à une faible distance de Burlington, dans le Vermont. Apres le “ Fort de pieux de 1731,” M. de Beauharnois y fit ériger, en 1755, un fort que l'on nomina Saint- Frédéric et qui fut le théâtre d'engagements sérieux de 1755 à 1759. 11 fut reconstruit au cours de cette dernière année, sous le nom de Crown Point, et les Américains s'en emparèrent en 1776.
40. * Plan de l'entrée de la rivière Chouaguen ou des Onontagués, situé au sud du lac Froutenac.” Ce lac, aujourd'hui le lac Ontario, fut découvert
par Champlain, en 1615.” (Pour Chouaguen, voir le No. 51).
41. ‘ Plan du fort Saint-Frédéric, près du lac Champlain.” (Voir le No. 89).
42. ‘Plan du fot Hunter,” situé sur la rivière Mohawk, à une petite distance de Corlar ou Schenectady, dans l'Etat de New-York.
43. ‘ Plan du fort Quaris”” Un des forts détachés de Chouaguen. (Voir les Nos. 40 et 81).
44, * Plan du fort Cannatchocary.” (Mêmes remarques que ci-dessus, No. 43),
45. ** Plan etélévation de la maison à Machicoulis que les Anglais ont fait bâtir en 1727.” Cette maison était à l'entrée de la rivière Chouaguen.
46. ‘ Plan de la viile de Québec en 1722, par Chaussegros de Léry.” Ce Chaussegros de Léry (Gaspard) était ingénieur en chef du roi dans la Nouvelle-France. C'est lui qui fortifia Québec en 1716 et en 1748
Son fils, Joseph, construisit le fort Beauséjour, et prit et détruisit, en 1756, le fort Bull, situé entre Oswégo et Schenectady, (Voir les Nos. 7, 81 et 42).
47. ‘ Plan de la ville de Québec, capitale de Ia Nouvelle-France, en 1693.” Tous ces plans, pris chronologiquement : en,1660 (No. 15,, 1664 (No. 20), 1690 (No. 21), 1698 (No. 47), 1700 (No. 18),
1722 (No. 46) et 1760 (No. 23) sont tout à fait intéressants à étudier. En les comparant les uns aux autres, dans l'ordre chronologique, on peut se faire une idee des progrès matériels accomplis, à chaque époque, par la ville de Champlain. Cet examen permet de fixer à peu près l'année du plan indiqué sans date (Voir le No. 19).
48. * Plan du fort de Vaudreuil,sur la montagne de Carillon, en Canada, fait par le sieur Germain, capitaine du régiment de la Reine.” (Voir No. 86.)
49. Plan du fort Lidius,” situé sur la rivière “ d'Orange,” aujourd'hui rivière Hudson, entre Albany et New-Vork. En 1756, La Corne de Saint-Luc battit les Anglais à ce fort.
Albany fut fondé par les Hollandais, sous le nom de fort Orange, en 1623. Les Anglais s'en emparerent en 1664 et l'appelèrent A/bany en l'honneur du duc de ce nom, plus tard Jacques IT, rot d'Angleterre, détrôné, en 1688, par Guil- Jaume de Nassau, prince d'Orange.
Notre grande artiste, Mme Emma Lajeunesse, a emprunté son nouveau nom d'Albany à cette ville.
50. “ Plan des deux forts des Natchez, assiégés au mois de juillet 1730, par les Français.”
Ce fort était situé quelque part sur le Mississipi, très certainement en amont de la Nouvelle-
ms ts
Orléans et probablement en aval du fort de Chartres.
Li]
51. “ Plan d’un projet pour former un commencement de ville à Chambly, avec fortifications, par Chaussegros de Léry, en 1721.”
Ce plan est très intéressant à étudier. (Pour de Léry, voir No. 46.)
52. * Plan du fort et du village du lac des Deux-Montagnes.” Le lac des Deux-Montagnes est formé par la rivière Outaouais, à son embouchure. Largeur : à peu près une lieue, en movenne ; longueur : 3 lieues.
Nur ce plan, on voit, sur le bord du lac, Le fort des missionnaires ; en arrière, Le fort des troupes du roi; à l'ouest, les cantons des Français, puis, immédiatement au sud de ceux-ci, les cantons des Iroquois ; à l’est et en arrière du fort des troupes du roi, les cantons des Algonquins et des Nipissingues ; en arrière de ces deux cantons, le chnetière, et, en arrière encore, l’une à l’est et l'autre à l’ouest, deux redoutes, ete.
53. “ Plan du fort du Sault Saint-Louis et du village des sauvages [roquois, par Franquet.”
Le Sault Saint-Louis où Caughnaouaga, de son nom iroquois, est situé en face de Lachine, à 3 lieues de Montréal. Cet endroit fut visité par
tbe
Champlain, en 1603. Les Troquois vinrent s'y établir en 1669 et y formerent une bourgade populeuse. La Corne de Saint-Luc, officier canadien distingué, y commandait en 1776.
Sur le plan, on voit, entre autres choses : le fort, la chapelle, deux portes, ‘“ la grande et la petite porte de Chateaugué, ” et ‘ les maisons des marchandes françaises nommées Desaulniers.”” (Pour ce dernier nom, voir Grarneau.)
54. Plan et élévation du fort Saint-Jean et du fort Richelic a, Sorel. ”
Saint-fean (aujourd'hui Saint-Jean d'Iberville) est situé sur la riviere Richelieu, à une distance assez approchée de la frontière américaine.
Le fort Saint-Jean fut probablement bâti la même année que lurent construits les forts Sainte- Thérèse, Richelieu et Saint-Louis où Chambly. { Voir les Nos. 89, 53 et 84). L'ancien fort Naint- Jean, d'apres le colonel comte d'Orsonnens, se trouvait à quelques pas senlement et à l’est du terrain de l'Ecole Militaire actuelle, JT fut assiégé et pris par Montgomery, en 1775, celui-là même qui venait se faire tuer sous les murs de Québec, le dernier jour de la même année, en montant à l'assaut. Ce fort servit enrore de rendez-vous à l’armée de Burgoyne, avant de partir pour sa malheureuse expédition de 1777. (Pour le fort Richelieu, voir le No, 35.)
ee
55, * Plan de diverses seigneuries, près de Québec, en 1702”. On y voit les limites des seigneuries de Naint-Gabriel, de Notre-Dame des Anges, de Beauport et partie des limites de la seigneurie de Beaupré. Il y a, sur ce même plan, un dessin de Québec, de l'Hôpital-Général ou Notre-Dame des Anges, ete, de l'église de Sainte-Foye, de Beauport, de l'Ange-(ardien, de Saint-Pierre, sur “l'Ileet comté de Saint-Laurent, ” aujourd'hui l'île d'Orléans, de Charlesbourg et de ‘* Naint- Joseph de la Pointe de Lévi, ” ainsi qu'une foule de renseignements précieux
56. * Plan des attaques des forts Chouaguen ” (Voir les Nos. 81 et 40).
57. Plan du fort de la Présentation," situé sur le site occupé aujourd'hui par Ogdensburg: dans l'Etat de New-York et en face de Prescott. dans le Haut-Canada. Ce fort fut bâti en 1748 par de la Galissonnière, gouverneur par intérim, de 1747 à 1749, pendant la détention du gonverneur de la Jonquière, fait prisonnier de guerre par les Anglais.
Le Père Picquet, prêtre sulpicien, établit à ce fort, dès 1749, une mission pour les froquois convertis
58. © Plan du fort Lawrence,” situé sur la partie nord-est de la Baie de Fundy (Baie Franaise des Français). Ce fort était sur l’'emplace-
rmaent occupé par Beaubassin, en Acadie, appelé Messagourhe par les Sauvages. Ce fort, construit par les Anglais, reçut le nom de Lawrence en l'honneur (bien triste honneur) du bourreau Charles Lawrence, qui ordonna la cruelle dispersion des Acadiens, en 1755.
59. “ Vue de Frontenac ou Cataracouy, ” bâti sur l'emplacement occupé maintenant par Kingstou, dans le Haut-Canada, à l'extrémité nord-est du lac Ontario, sur la baie de Quinté La construction de ce fort, projetée par le gouverneur de Courcelles, eut lieu en 1673, par Frontenac, autre gouverneur de la Nouvelle-France. 11 fut, en 1675, concédé à La Nalle qui avait, cette même année, obtenu la seigneurie de Cataracouy. La Salle fortifia ce fort. En 1758, le colonel John Bradstreet s’en empara.
60. ‘Vue de la Pointe-au-Baril” Cette pointe était de l'autre côté du fleuve et en face du fort de Ia Présentation. (Voir No. 57). C'est tres probablement sur cette pointe que se trouve la ville de Prescott.
Quelques remarques pour terminer cette étude historique.
Cette collection, je l'ai déjà dit, n'est pas encore complète: elle devra atteindre, probablement dépasser, le chiffre 100. Lorsqu'elle sera terminée,
ds l'es
elle formera la plus belle collection qui existe au pays et peut-être n'en trouverait-on pas une semblable même aux Etats-Unis.
Dans ces circonstances et vu son utilité incontestable, doit-on laisser ce travail dormir dans les cartons de M. Roy ? Je ne le crois pas, car se serait priver la jeunesse studiense de notre pays d'une source de renseignements précieux,et il faut mettre sous les yeux de la génération appelée à nous remplacer tout ce qui est de nature à lui graver profondément dans le cœur l'amour des ancêtres et par là même l'amour de notre pays. Ha voyant les sacrifices immenses que se sont imposés les premiers enfants du sol canadien ; en lisant, au moyen de notes historiques, que M. Roy pourrait ajouter à sa belle collection, les hauts faits d'arme, le courage indomptable de nos pères, nos enfants se sentiront épris d’orgueil légitime et d'amour sincère pour ce peuple de laboureurs appelé le peuple canadien.
M. Roy est déjà rendu à un ehifre considérable de déboursés pour la partie faite de sa collection. Est-il juste de lui laisser, à lui seul, le fardeau de ce travail colossal et excessivement dispendieux ? Ce serait injuste en supposant qu'il pt et voulût continuer son entreprise à ses propres frais, et sans espoir de rétribution, plus tard. Ce qu'il a entrepris est une œuvre nationale et c'est à la
+ nation, intéressée à cette œuvre, à l'aider, et, sous ce rapport, la chose est facile.
Le gouvernement-Mercier, avec cette largeur de vues qui le caractérise, a déjà acheté un exempleire de la collection-Roy.
La lithographie et la lithochromie de tous ces plaus de fortifications coûteront, pour le premier millier, de 3 à $4,000 et moins pour chaque millier additionel. Dans ce cas, bien peu de particuliers pourraient se procurer ee travail; mais, en le reproduisant en miniature, avec les notes historiques propres à chaque fortification, on arrive à la portée de plusieurs bourses particulières et à celles de toutes nos maisons d'éducation, de nos bibliothèques publiques et de nos autres institutions, en général.
Le gouvernement central et les gouvernements locaux, que ce travail doit intéresser, se procureraient la grande édition de ce travail ou l'édition en miniature, chacun à son goût.
[1 serait bien, aussitôt que le prix de ce travail aurait été établi, que M. Roy fit circuler des listes de souseriptions dans toute l'étendue du Canada, en France eten Angleterre, afin de mettre au jour, le plus tôt possible, une œuvre aussi importante, aussi précieuse aux veux de notre Histoire, Je ne sais pas si l'on m'accusera d'op-
timisme, maïs il me semble que le travail de M. Roy se vendrait rapidement, si ce monsieur preuait les moyens nécessaires de le faire connattre au public; car, après tout, le patriotisme n'est Pas encore mort, même dans ce siècle de jouis sances matérielles. La presse de notre pays, géné ralement bien intentionnée sous ce rapport, peut aider puissamment à cette œuvre si essentiellement canadienne.