‹ L'ancien régime (volume 2)Chapitre 106 sur 192 · Mercier, Tableau de Paris, IIL · texte numérisé non relu

Mercier, Tableau de Paris, IIL

« eux ». Le duc de Coigny*, dans ses terres auprès d'Amiens refuse de laisser prier pour lui, et menace son curé, s'il prend cette licence, de le faire jeter en bas de sa chaire ; son fils tombe malade, il empêche qu'on ap* porte les sacrements ; ce fils meurt, il interdit les obsèques et fait enterrer le corps dans son jardin ; malade lui-même, il ferme sa porte à l'évêque d'Amiens qui se présente douze fois pour le voir, et meurt comme il a vécu. — Sans doute un tel scandale est noté, c'est-à-dire rare ; presque tous et presque toutes « allient à l'indé- « pendance des idées la convenance des formes » '. Quand la femme de chambre annonce : « Mme la duchesse, le bon «Dieu est là, permettez-vous qu'on le fasse entrer? H « souhaiterait avoir l'honneur de vous administrer » ; on conserve les apparences. On introduit l'importun, on est poli avec lui. Si on l'esquive, c'est sous un prétexte décent ; mais, si on lui complaît, ce n'est que par bienséance ; « ù Surate, quand on meurt, on doit tenir la queue d'une « vache dans sa main ». Jamais société n'a été plus détachée du christianisme. A ses yeux une religion positive n'est qu'une superstition populaire, bonne pour les enfants et les simples, non pour « les honnêtes gens » et les grandes personnes. Vous devez un coup de chapeau à la procession qui passe, mais vous ne lui devez qu'un coup de chapeau.

Dernier signe et le plus grave de tous. — Si les curés qui travaillent et sont du peuple ont la foi du peuple, les prélats qui causent et sont du monde ont les opinions du monde. Et je ne parle pas seulement ici des abbés de salon, courtisans domestiques, colporteurs de nouvelles, faiseurs de petits vers, complaisants de boudoir, qui.

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