FIN
Note 1.
Sur le nombre des ecclésiastiques et des nobles.
On a obtenu ces chiffres approximatife par les procédés suivants :
P Pour ce qui est de la noblesse, le chiffre était inconnu en 1789. Dans son Abrégé chronologique des Édits, etc., (1789)^ le généalogiste Ghérin déclare qu'il l'ignore. Moheau, à qui Lavoisier s'en réfère dans son rapport de 1791, n'en sait pas davantage [Recherches sur la population de la France, 1778, p. 105); Lavoisier dit 83 000 individus, et le marquis de Bouille [Mémoires, p. 50) 80 000 familles, tous deux sans aucune preuve. —J'ai relevé, dans le Catalogue nominatifdes gentilshommes en 1789, par Laroque et de Barthélémy, le nombre des nobles qui ont volé, directement ou par procuration,, aux élections de 1789, en Provence, Languedoc, Lyonnais, Forez, Beaujolais, Touraine, Normandie, ne de France; ce nombre est de 9167. — D'après le recensement de 1790 donné par Arthur Young dans ses Voyages en France, le nombre des habitants de ces provinces est de 7 757 000, ce qui, par proportion, donne un peu plus de 30000 nobles votants parmi les 26 millions d'habitants de la France. — En étudiant la loi, et en dépouillant les listes, on voit que chacun de ces nobles représente un peu moins d'une famille, puisque le fils d'un propriétaire de fief vote s'il a vingt-cinq ans; je ne crois donc pas qu'on se trompe beaucoup en évaluant à 26 000 ou 28 000 le nombre des familles l'ancien régime. «a
nobles, ce qui, à raison de 5 personnes par famille, donne 130 000 ou 140 000 nobles. — La France en 1789 ayant 27 000 lieues carrées et 26 millions d'habitants, on peut compter une famille noble par lieue carrée et par mille habitants.
2» Pour ce qui est du clergé, j'ai relevé, aux Archives Nationales, dans les papiers du comité ecclésiastique, l'état nominatif des religieux de 28 ordres : Grrands-Augustins 694, Petits-Pères 250, Barnabites 90, Bénédictins anglais 52, Bénédictins de Gluny 298, de Saint-Vanne 612, de Saint-Maur 1672, Giteaux 1806, Récollets 2238, Prémontrés 399, Prémontrés- Réformés 394, Capucins 3720, Carmes déchaussés 555, Grands- Carmes 853, Hospitaliers de Saint-Jean de Dieu 218, Chartreux 1144, Gordeliers 2018, Dominicains 1 172, Feuillants 148, Genovéfains 570, Mathurins 310, Minimes 684. Notre-Dame de la Merci 31, Notre-Sauveur 203, Tiers-ordre de Saint- François 365, Saint-Jean des Vignes de Soissons 31, Théatins 25, abbaye de Saint-Victor 21, Maisons soumises à l'ordinaire 305. Total 20 745 religieux en 2489 couvents. Il faut y ajouter les Pères de l'Oratoire, de la Mission, de la Doctrine chrétienne et quelques autres; le total de tous les moines doit osciller autour de 23 000. — Quant aux religieuses, j'ai relevé aux Archives Nationales leur catalogue dans 12 diocèses comprenant, d'après la France ecclésiastique de 1788, 5576 paroisses : Diocèses de Perpignan, Tulle, Marseille, . Rodez, Saint-Flour, Toulouse, le Mans, Limoges, Lisieux, Rouen, Reims, Noyon. En tout 5394 religieuses dans 198 maisons. La proportion donne environ 37 000 religi-euses en 1 500 maisons pour les 38 000 paroisses de la France. — Ainsi le total du clergé régulier est de 60 000 personnes. — Pour le clergé séculier, on peut l'évaluer à 70 000 : curés et vicaires, 60 000 (l'abbé Guettée, Histoire de l'Église de France, XII, 142); prélats, vicaires généraux, chanoines des chapitres, 2800; chanoines des collégiales, 5600; ecclésiastiques sans bénéfice, 3000 (Sieyès). — Moheau, très-bon esprit et statisticien prudent, écrit en 1778 [Recherches, p. 100) : «Peut-être « n'existe-t-il pas aujourd'hui dans le royaume 130 000 ecclé- « siastiques. » — Le dénombrement de 1866 [Statistique de la France, population) donne maintenant 51 100 membres du clergé séculier, 18500 religieux, 86 300 religieuses; total, 155 900 pour une population de 38 millions d'habitants.
Note 2.
Sur les droits féodaux et sur l'état d'un domaine féodal en 1783.
Les renseignements qui suivent sont extraits d'un acte de partage et d'estimation dressé le 6 septembre 1783, et dont jo lois la communication à l'obligeance de M. de BoisHsle.
D s'agit des terres de Blet et des Brosses. — La terre etbaronnie de Blet est située dans le Bourbonnais, à deux lieues de Dun-le-Roi. — Blet, dit un mémoire de l'administration des aides, est une «bonne paroisse sans être d'objet; bonnes « terres, la plus grande partie en bois, foins et pacages, le « surplus en terres labourables de froment, seigle et avoine.... « Chemins affreux et à périr en hiver. Le commerce en faveur « est celui des bêtes à cornes, il s'étend aussi sur les grains ; « les bois pourrissent sur pied, par leur éloignement des « villes et leur difficile exploitation*. »
a Cette terre, dit l'acte estimatif, est dans la mouvance du « roi, à cause de son château et forteresse d'Ainay , sous la déno- « mination de ville de Blet, x La ville était fortifiée autrefois, et son château fort subsiste encore. Elle fut jadis très-peuplée, « mais les guerres civiles du seizième siècle et surtout l'émi- « gration des protestants l'ont rendue déserte, au point que, « de 3000 habitants qu'elle renfermait, il s'en trouve actuellece ment à peine 300 *; c'est le sort de toutes les villes du pays. >» La terre de Blet, possédée pendant plusieurs siècles par la maison de Sully, passa, par mariage de l'héritière en 1363, à la maison de Saint-Quentin, oii elle fut transmise en ligne directe jusqu'en 1748, date de la mort d'Alexandre II de Saint- Quentin, comte de Blet, gouverneur de Berg-op-Zoom, père de trois filles d'oii sont nés les héritiers actuels. — Ces héritiers sont le comte de Simiane , le chevalier de Simiane, et les mineurs de Bercy, chacun pour un tiers, qui est de 97 667 livres sur la terre de Blet, et de 20 408 livres sur la
1. Archives nationales, G 319 {État actuel de la Direction de Bourges 7U point de vue des aides, 1774).