Voy. E. Babelon, Manuel d'archéologie orientale, p
La plaque d'ivoire fixée à une des extrémités de notre coffret est ornée, nous l'avons vu, de lions qui saisissent en arrière de légers quadrupèdes. Ici encore, nous avons des types analogues et fort anciens, tel, par exemple, celui d'un bas-relief de Pcrsépolis qui, lui-même, rappelle un sujet du même genre, figuré sur des cylindres chaldéo-assyriens (1). Ces représentations d'animaux, mordant ou dévorant d'autres animaux, se trouvent bien souvent au Moyen Age, tant en Orient qu'en Occident (2).
Il est à peine besoin de rappeler que les paons ornent beaucoup de petits monuments de pays divers. Mais il est rare de rencontrer ces volatiles à cous entrelacés. On les voit pourtant, figurés de la sorte, sur une coupe persane (xive ou xve siècle) du Cabinet des Médailles. Seulement, ici, à part le détail sur lequel porte notre attention, ces paons se rapprochent davantage, au point de vue du dessin, de ceux qui décorent l'armature du coffret de FSayeux.
Une inscription se déroulait autrefois tout autour du coffret : les deux extrémités de la caisse en ont seules conservé de beaux fragments, circonscrits par de petits bandeaux et un grènetis. Les caractères fatimides appartiennent au coufique fleuri, caractérisé par des ornements purement décoratifs, dans la partie haute des lettres. Le texte et la traduction de cette inscription ont été publiés par D. R. Amador de los Rios (3) et par D. Juan F. Riano (4). Dom Férotin a donné en latin (sans le texte arabe) la traduction espagnole de D. R. Amador de los Rios (o). L'on peut s'en rapporter aux lumières de ces éradits ; mais, comme les inscriptions arabes offrent souvent matière à difficulté (nous l'avons vu précédemment), il ne nous a point semblé oiseux de recourir, une fois encore, à la science de M. Paul Casanova. Grâce à lui, nous donnons la transcription et la traduction du texte qui se voit sur notre coffret :