‹ L'ancien trésor de l'abbaye de SilosChapitre 47 sur 57 · ÉTUI EN ARGENT · texte numérisé non relu

ÉTUI EN ARGENT

ouvertures, les unes en forme de petits losanges, les autres en forme d'ellipses très allongées qui permettent de voir et de baiser le bâton de saint Dominique. L'ornementation s'étend sur toute la surface du tau; elle se compose de fleurons, de cartouches, de motifs recourbés et adossés, tous ornements que l'on rencontre, au xvne siècle, sur quantité de pièces d'orfèvrerie espagnole. La partie qui forme la poignée du tau est ornée dans le même style et porte les armes des donateurs '.

Nous n'avons rien à dire de plus sur cet étui qui n'est pas dénué d'intérêt, mais qui est bien loin d'égaler en richesse, en originalité, en puissance, les œuvres du moyen-âge que nous avons étudiées précédemment. Cette pièce espagnole du xvii" siècle est du moins peu connue, puisqu'elle n'a été publiée qu'une seule fois.

1. La décoration de la poignée n'est pas visible sur la fig. 19 qu'on a faite d'après une photographie. Celle-ci reproduisait l'étui sans la plaque mobile qui recouvre un côté de cette poignée.

La pyxide que nous reproduisons est inédite (pl. XIV). C'est assurément la pièce la moins connue de tous les objets liturgiques du Trésor de Sdos, et les hardis visiteurs qui pénétrent jusqu'à l'abbaye ne peuvent la voir que bien difficilement. Les Saintes Espèces, en effet, sont toujours conservées dans ce vase sacré, renfermé dans le tabernacle de la cellule de saint Dominique, transformée en chapelle.

Cette pyxide est mentionnée comme il suil dans les papiers des Archives de Silos : « Un oopon muy rico de filagrana blanca, cou cruz y botones sobredorados1. Dom Férotin l'a signalée en parlant ,1c Juan de Castro, qui lut abbé de Silos, dans la seconde moitié du xvnc siècle : « Parmi les œuvres exécutées de son temps, écrit-il, nous trouvons... un ciboire, tout couvert de filigranes d'argent, d'un travail merveilleux.'. » L'appréciation est parfaitement justifiée et, grâce à la figure (pic nous publions, le lecteur pourra quelque peu se rendre compte de l'admirable travail de ce ciboire ou plus exactement de cette pyxide eucharistique. Par sa forme cylindrique, par l'absence d'une tige et d'un pied, ce vase sacré se rapproche, en effet, des pyxides qui, pendant le moyen-âge, principalement, servirent à renfermer la Sainte Eucharistie3.

II mesure 0m,0!) de hauteur; son diamètre est de 0",10, dans sa plus grande dimension. — Le couvercle et la boite dans laquelle reposent les

1 . « Un ciboire très riche, en filigranes blancs, avec croix et boutons dorés »

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