‹ L'ancien trésor de l'abbaye de SilosChapitre 48 sur 57 · Histoire, p · texte numérisé non relu

Histoire, p

:S. Non» avons cependant quelques pyxides pédiculécs, remontant au moyen-âge,

Saintes Espèces sont dorés à l'intérieur, tandis qu'en dehors, se développe une ornementation tout entière en filigranes d'argent liés mut, relevée de trois roses d'or complètement en relief, fixées sur les lianes du récipient. Une autre rose qui occupe le milieu du couvercle est sommée d'une croix. Ces petites roses sont les botones dont il a été question précédemment.

Nous disions qu'a l'aide de la ligure de la planche \IY, le lecteur pourra quelque peu se rendre compte du magnifique travail de ce vase sacré; niais ce n'est qu'en l'aee de l'objet lui-même ou avec une excellente photographie, qu'on peut remarquer et le genre de filigranes e1 les dessins reproduits avec une régularité parfaite, avec nue exquise délicatesse. Il était bien difficile à un dessinateur de rendre un pareil travail, et le nôtre, tout habile qu'il est, n'a pu réussir à figurer parfaitement celle dentelle métallique.

Le filigrane est ici de, deux sortes : uni et assez gros, il forme toutes les lignes extérieures, il sépare les différentes zones, il trace les contours principaux de l'ornementation; lin et tordu, il se déroule en sinuosités charmantes pour composer des bandes et des rinceaux, pour garnir les lobes ajourés du couvercle cl de la bordure inférieure île la boîte, pour décorer enfin tous les vides sur le couvercle, puis sur le corps et en dessous du récipient. Ces filigranes n'ont aucune adjonction de rosettes, de vrilles ou de têtes de clous. — Le travail esi admirablement conservé.

On peut comparer noire pyxide à une croix pectorale ouvrante que de Ch. Linas a étudiée, en 188:2, dans le Bulletin delà Société scientifique, historique et archéologique delà Corrèze. Une excellente eau-forte y reproduit cet objet très intéressant. Les deux pièces nul le filigrane lisse, puis le filigrane tordu : toutes deux appartiennes au xvnc siècle cl a la péninsule ibérique. Il nous faudrait voir la croix elle-même, pour serrer de plus près la comparaison; mais l'eau-forte de M. E. Rupin, d'une part, la description de M. Charles de Linas, de l'autre, nous sul'liscnl pour nous aider il croire il de très grandes analogies de travail, entre les deux œuvres.

Ces analogies, nous les avons remarquées d'une façon plus précise, entre la pyxide de Silos et toute nue série d'objets espagnols (une quarantaine), réunis dans une même vitrine, au Musée du South Kensinglon. Ce sont, ici, de petits monuments très variés : deux croix d'un même rosaire, plusieurs autres croix, des médaillons, des vases avec (leurs au naturel, une assez grande couronne, un petit encensoir minuscule, des corbeilles.

(les encadrements, etc. Ces- œuvres d'orfèvrerie remontent aux xvi", xvn' et xviii0 siècles; quelques-unes, môme, appartiennent au xix'. Plusieurs d'entre elles sont d'un mauvais goût bien évident, les vases, par exemple, ainsi que les bouquets qui les surmontent.

Pour tous ces petits objets, la technique est la même qu'à Silos : le liligrane simple, uni, forme les bordures; le filigrane tordu ou bien granulé est employé pour les intérieurs des feuilles, des pétales, des fleurons, des arabesques. La couronne et les deux croix du même rosaire offrenl un travail supérieur encore à celui de Silos, des filigranes d'une bien plus grande finesse, des dessins à jour admirablement exécutés. Pour ces trois objets, les filigranes en argent sont dorés. — Le petit encensoir vient de Séville et une jolie petite boîte est marquée, comme provenant de Valence.

Notre pyxide appartenant à une classe d'objets espagnols peu étudiés, peu connus en dehors de ce pays, il était intéressant, croyons-nous, d'eu signaler plusieurs.

La péninsule ibérique n'a pas été absolument seule. à produire ce genre d'orfèvrerie. Nous avons remarqué au Musée du South Kcnsington deux de ces petits monuments qui proviennent, l'un de l'Italie, l'autre de l'Allemagne. Mais c'est en Espagne plus qu'en tous autres pays, qu'on a fabriqué de ces objets, d'un travail si caractéristique et si délicatement exécuté.

xrv

Page 1