URNE DE SAINT DOM INIQUE
de saint Dominique] et, enfin, au sommet, une nouvelle tête de chérubin, aux ailes éployées. — Dans la partie supérieure une série de moulures qui oontournenl l'urne se relèvent au milieu, pour former un arc bombé, décoré, en avant, d'un petit motif en éventail, accosté de feuilles qui se terminent en volutes. — Au-dessus, une petite construction à quatre faces el à angles biseautés, répond un peu au corps principal de l'urne. Puis, là encore, un couronnement de moulures et les sempiternels petits angelots du XVIIIe siècle. Enfin, une calotte aplatie et une statuette dominent tout le petit monument. Cette statuette, en argent, représente saint Dominique, vêtu delà coule, tenant d'une main la crosse el, de l'autre, un livre ouvert . A ses pieds est la mitre.
Cette urne fut faite à Madrid, de juin 1732 à mars I 733. Elle coûta de 7.(100 à 10.000 pesetas.
Nous avons dit, dans l'Introduction, de quels périls l'abbaye fut menacée, lors de l'invasion d'Espagne par les armées de Napoléon, lors de la venue jusqu'à Silos, de quelques milliers de soldats français. Mais le premier soin de l'abbé, D. Fernando de Lienzo, avait été d'éloigner quelque peu et de mettre à l'abri d'un pillage possible l'urne renfermant le corps de saint Dominique. On l'avait portée dans un petit village de la Sierra, nommé Moncalvillo, où elle resta depuis le 10 novembre 1808 jusqu'au 9 juillet 1813. Le 11 de ce mois de juillet, les reliques du serviteur de Dieu rentraient solennellement à Silos.
Une simple réflexion en terminant cette note. Pendant bien des siècles, on exécuta, pour renfermer les saintes reliques, des chasses de dimensions variées, souvent de grand style, souvent, aussi, riches et superbes, toujours d'un cachet religieux bien accentué, d'une forme simple et digne. Avec le xvie siècle et les deux siècles suivants, les urnes apparaissent donc de nouveau, rappelant les vases païens, destinés à recevoir les cendres des morts. Est-ce utile de dire, en effet, que la société et les al tistes d'alors, en faisant revivre ces urnes sépulcrales, ne songeaient guère à celles des cimetières chrétiens, mais bien aux vases funéraires, en usage dans l'antiquité païenne? Quant aux types eux-mêmes, fabriqués par les argentiers de l'époque, quelques bas-reliefs, quelques têtes d'angelots ne suffisent pas à donner un caractère religieux à des monuments de forme lourde, pompeuse, emphatique, — à des monuments décorés dans ce style bizarre et illogique qu'on a appelé assez justement le style rocaille ou roçoco.
DEUX ANTEPENDIUM BRODÉS
abbaye de Silos ne possède jms de broderies du Moyen Age ou de la Renaissance. Les seules, quelque peu anciennes, qui y soient conservées, datent du xvm' siècle, c'est-à-dire d'une époque de décadence pour presque tous les arts.
Au nombre de ces pièces brodées se trouve une chasuble, garnie de rinceaux, formés de feuilles, de Meurs et de fruits, le tout dessiné d'une manière fantaisiste. La composition est largement conçue; mais, les grosses fleurs, très belles d'ailleurs, chargent trop la décoration. Les différentes teintes: rouge, bleu, pourpre clair, etc., sont parfaitement harmonisées et différents motifs d'or, au point billeté, agrémentés de fines bandelettes en guipure, viennent rehausser doucement les riches couleurs de la soie. C'est bien la pièce la plus soignée des broderies de Silos.
Notons encore une chasuble, doux dalmatiques et i chape. Les dessins, extrêmement chargés, figurent des arabesques et de lourdes fleurs au naturel. Le chaperon de la chape, avec ses pauvres personnages, est déplorable à tout point de vue. Les broderies sont loin d'offrir les qualités que nous avons reconnues sur la chasuble précédente; elles ont été remontées, ,1 y a dix ans, sur un satin neuf dont la blancheur éclatante est désagréable à côté des vieilles teintes de la soie.
Enfin, l'abbaye de Silos possède deux grandes pièces brodées, deux antependium ou parements d'autel. Ces expressions sont aujourd'hui consacrées, et elles n'offrent plus, dans la langue française, aucune difli-