‹ L'ancien trésor de l'abbaye de SilosChapitre 9 sur 57 · D. Férotin, Recueil, p. 18, note · texte numérisé non relu

D. Férotin, Recueil, p. 18, note

tablement, à partir du xv" siècle jusqu'au xvn\ elle a fait office de reliquaire ; les textes de l'inventaire de 1440 (1) et des PP. Ruiz et Castro ne peuvent laisser aucun doute ; mais telle n'était pas sa destination première. Le type des colombes eucharistiques est bien connu, grâce principalement à l'ouvrage de M. Rupin, et celle de Silos appartient certainement à cette catégorie»de vases sacrés ; il suffit de comparer pour s'en convaincre. D'ailleurs, à Cluny, à Grandmont, à Saint-Maur-les-Fossés et dans toutes les églises qui avaient une colombe eucharistique, cette colombe était toujours suspendue au-dessus de l'autel, M. Rupin que nous nous plaisons encore à citer (2) l'a fort bien démontré. A Silos, la couronne dont il a été question avait également la même place (3). Or, la tête antique et la colombe étaient dans la couronne, nous dit l'inventaire du xv" siècle, — sur la couronne, d'après les PP. Ruiz et Castro (voy. p. 3). L'union de la colombe à la couronne et la place de ces objets au-dessus du maître-autel indiquent manifestement leur destination liturgique.

Quel était le système de suspension et l'agencement des différentes parties entre elles? Nous ne saurions le dire d'une façon précise. Ni l'inventaire de 1440, ni les deux auteurs du xvn" siècle ne mentionnent, en effet, certaines pièces qui devaient nécessairement compléter l'appareil; peut-être avaient-elles disparu de leur temps. Mais, la colombe eucharistique de Laguenne (Corrèze) [fig. 1] a conservé toutes ses parties essentielles et, grâce à elle, il est facile de reconstituer, par la pensée, la colombe de Silos, avec sa couronne gemmée, ses chaînettes, son pavillon, si respectueux pour les saintes Espèces, et la crosse, probablement, à laquelle le tout était suspendu au-dessus du maître-autel. La tige de métal placée sous le col de la tête en bronze aurait été maintenue sur un disque, sur un plateau ; tout au moins, elle aurait fixé les deux objets d'une façon quelconque. Un vase eucharistique sur une tête de femme ! Singulier assemblage, dira-t-on. Aussi peut-être la colombe n'eut-elle ce support que lorsqu'elle cessa de renfermer la sainte Eucharistie. Nous laissons le choix au lec-

teur.

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