‹ L'ancienne Égypte d'après les papyrus et les monumentsChapitre 1 sur 7 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Moïse, n'a été supprimée par les Juifs qu'au moyen âgo à cause do ranalhème (ruii célèbre rabbin s'inspiranl de la loi chrétienne. — 11 nous parle aussi du divorce accordé aux Hébreux par Moïse, « à cause de l'obstination de leurs cœurs »... Et c'est tout.

Quant aux autres civilisations de l'antiquité, antérieures à Rome et à la Grèce, il n'en sait rien ou peu de chose : et c'est seulement par acquit de conscience qu'il dit un mot de l'Egypte, en écrivant les phrases suivantes : « L'âge le plus sain des races est leur enfance. Les trois peuples qui ont été les maîtres de la civilisation ancienne, l'Egypte, la Grèce et Rome ont commencé par le mariage stable où la femme trouvait quelque dignité. Mais cette continence n'est inspirée que par la sagesse politique : ces peuples savent que la force des armées se forme et se conserve par la discipline des mœurs. C'est le culte de la nation, et non le culte delà femme, qui inspire à ces peuples, soucieux de se défendre et de grandir, les vertus privées qui soutiennent la fortune de TEtat ».

Il est facile de voir que, pour tout ceci, Tauteur s'inspire encore de Rome — de cette Rome, prétendue piimitive, dont certains catholiques voudraient copier jusqu'aux pires abus, tels que celui du testament romain permettant de dépouiller les fils ou de n'en favoriser qu'un seul, — de cette Rome enfin qui les hante et leur fait partout et toujours confondre l'antiquité avec la Romanité! Dire que le militarisme a causé pour les Egyptiens leur culte de la femme serait une énormité dont M. Lamy est incapable. La comparaison l'a entraîné trop loin. Les trois peuples primitifs

dont il est ici queslion, peuples tiès dissemblables par les habitudes, ont de eoniinuii entre eux Je mariage slable. Voilà ce qu'il a, sans doute, voulu dire.

Mais ce fait est-il si peu de chose? Quand on le rapproche de certains faits connexes de la vieille civilisation chaldéenne etc. ne nous fait-il pas penser au vieux mythe de Tâge d'or précédant Tàge de fer?

C'est là un sujet fort intéressant à développer. Je Tai fait autrefois dans mes cours à TEcole du Louvre. Je n'y reviendrai pas : et je me bornerai à faire remarquer qu'en effet l'abaissement de la femme, de plus en plus profond a toujours accompagné l'àgc de fer, c'est-à-dire l'époque du militarisme à outrance. C'est après les invasions doriennes et les violences ([ui les ont suivies, qu'en Grèce elle a perdu la situation très honorable qu'elle avait aux temps homériques. C'est après la révolution qui aboutit à la loi des XII tables, en pleine période de nation armée et de guerres interminables, qu'à Rome elle cessa d'avoir pour unique union légale cette primitive communion nuptiale d'effets indissolubles et qui entraînait d'abord, selon Denys d'Halicarnasse, la communauté de biens entre époux, de même qu'elle cessa aussi de pouvoir dire avec vérité à son mari, selon le formulaire consacré : Ubi Ui Gains et eyo Gaia : « où tu es le maître, je suis aussi la maîtresse, avec le même nom et les mêmes droits ».

L'âge de Saturne était passé. La force brutale l'emportait partout : et quand la force brutale, quand la soldatesque l'emporte, la douce influence de la femme cesse de se faire sentir. La femme est,

par tlaturc, l'apôtre de la charité : la haine la lue cl Tannihile.

On voit comhien peu nous sommes d'accord, M. Lamy et moi, sur l'influence qu'a pu* exercer dans le ménage la discipline militaire.

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