PRÉFACE. XXI
allumés? Qu'y aura-t-il après qu'ils seront éteints? La théologie et la métaphysique répondent à ces questions ; mais la science positive n'y répond pas, arrêtant avec fermeté notre intelligence sur le seuil qu'il ne nous est pas donné de dépasser.
Comment concevons -nous le monde? dit Strauss. Très-bien , s'il entend la conception du monde selon la philosophie positive, conception toute expérimentale qui ne reçoit en elle que les données des faits et de leurs lois, et qui, se sachant limitée, s'abstient rigoureusement de se dire universelle ; mais très-mal, s'il s'agit d'une conception métaphysique du monde, qui, n'étant point assujettie à la borne des faits, s'élance bravement dans le vide ouvert à ce genre de spéculation.
« Nous allons , dit Strauss , des phénomènes par- « ticuliers, de la base fixe et des forces élémentaires, « à la vie végétale et animale, à la vie générale du « globe terrestre, de celle-ci à celle de notre sys- « tème solaire, et toujours ainsi, jusqu'à ce que « nous ayons embrassé tout Y Être dans une seule « idée. Cette idée, c'est l'univers. » Eh non, faible mortel, tu n'as pas compris dans ta conception tout ce qui existe ; et ce qu'est tout ce qui existe, tu l'ignores absolument. Quoi que tu fasses, ta conception demeure tronquée et impuissante, sans que