XXII PRÉFACE
tu puisses jamais savoir dans quel rapport elle est avec rimmensité de l'inconnu.
« Que le tout , continue-t-il , ne soit qu'un , cela « s'entend de soi et n'est qu'un j ugement analytique . » Qu'en sais -tu? Que vaut ton idée métaphysique de l'unité, quand tu la promènes dans l'espace et le temps illimités? Et qu'est ton jugement analytique, fût-il émané de l'arsenal logique de Kant, pour prononcer en pareille matière?
« L'univers, poursuit-il,- est à la fois cause et € effet, extérieur et intérieur. » Cause et effet? Extérieur et intérieur? Encore une fois, qu'en sais-tu?
La théologie professe qu'un des attributs de Dieu est la personnalité. Strauss, en bon hégélien, dissout ce dogme en montrant ou croyant montrer que la personnalité est contradictoire avec l'infinité, autre attribut. Mais la théologie dissoudrait également le dogme panthéiste en montrant ou croyant montrer que l'impersonnalité est contradictoire avec l'intentionnalité apparente des œuvres divines. J'avoue que je serais fort embarrassé de prononcer entre les deux argumentations, si la philosophie positive ne m'avertissait de ne pas m'engager dans la personnalité ou l'impersonnalité controversées, tant que l'expérience scientifique, devenue la seule instructrîce de la raison humaine, n'aura pas ren-