‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 12 sur 128 · Chapitre deuxième · texte numérisé non relu

Chapitre deuxième

du matin dans l’été, à 6 heures dans l’hiver parles bacheliers émérites qu’on appelait aussi pour cette raison legentes de mane , lecteurs du matin. Ils étaient, pour ainsi dire, les répétiteurs des leçons des professeurs. Ils montaient à cet effet dans une petite chaire; la chaire supérieure était réservée aux docteurs-régents. Les étudiants n’ont pas toujours joui du privilège de s’asseoir sur des bancs pour écouter les leçons de leurs maîtres; primitivement ils étaient assis à terre, ou sur de la paille ou fouarre afin df éloigner de leur esprit tout sentiment d'orgueil. « Scolares Universitatis Parisiensis, audientcs « suas lectiones, sedeant in terrâ coram magistris, non in scamnis (bancs) vel sedibus elevatis a terra, ut occasio superbiæ a juveni- « bus secludatur. » Cet usage avait été approuvé parle papeUrbainV, en 1366. Plus tard la paille fut remplacée par des bancs.

Les leçons faites par les bacheliers émérites n’étaient que des leçons préparatoires ou des répétitions. Ils devaient faire 50 leçons sur les Aphorismes d’Hippocrate, 30 sur le Régime, 38 sur les Maladies aiguës, 36 sur les Pronostics, etc. Plus tard, ils commentèrent Galien, Avicenne, Rhazès, Fernel, etc. Le véritable enseignement était donné par les docteurs-régents, également dans les salles basses, le matin de 8 heures à 11 heures, et le soir de 2 heures à 4 heures. Pendant les leçons des maîtres, tout enseignement public ou privé était interdit. Le nombre des professeurs varia, mais il ne fut jamais considérable. Il n’y eut primitivement que deux professeurs ; l’un pour les choses naturelles et non naturelles ; l’autre pour les choses contre nature. En 1634, un troisième Antoine Charpentier fut chargé du cours de chirurgie en latin ; en 1646, on créa une chaire de botanique qui fut confiée à François Blondel. En 1651, la Faculté était

Les Etudiants ou Philiatres .

si pauvre qu’elle ne pouvait payer ses quatre professeurs. Les quatre nations qui composaient l’Université s’assemblèrent et l’Université accorda annuellement, sur ses fonds, 800 livres aux quatre professeurs de la Faculté de médecine. Plus tard, le nombre des professeurs augmenta. En. 1753, par exemple, l’enseignement était confié à six professeurs, c’étaient :

Plus tard, on y ajouta une chaire d’accouchements. Les Commentaires de la Faculté nous apprennent que le 17 mai 1745, deux professeurs, Bertin et Astruc furent désignés pour enseigner l’ostéologie et la théorie aux sages-femmes (8). Ce cours n’était pas public, et les docteurs et les bacheliers qui voulaient y assister ne pouvaient s’y présenter qu’en grand costume, c’est-à-dire, en robe longue, avec le rabat et le bonnet carré. En 1777, nous trouvons Alphonse Leroy chargé d’enseigner les maladies suites de couches.

L’ouverture des leçons était inaugurée par un discours d’apparat, en latin cicéronien, à longues périodes ronflantes, prononcé en séance solennelle par le professeur de pathologie. Il commençait

Bertrand,

Belleteste,

Seron,

Bernard,

Lorry,

Barbeu-Dubourg,

pour la Pathologie ,

— Physiologie ,

Matière médicale ,

~ Chirurgie latine ,

— Chirurgie française,

— Pharmacie.

(8) Commentaires, t. XX, p. 9oo;

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