‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 11 sur 128 · Chapitre deuxième · texte numérisé non relu

Chapitre deuxième

lequel le doyen s’avançait à l’autel pour offrir un petit présent au prêtre officiant. La messe terminée, le premier bedeau prononçait les paroles d’usage : « A l’assemblée, Messieurs nos maîtres » et docteurs-régents se rendaient dans les salles supérieures pour traiter des affaires de la Faculté.

Le lendemain, à neuf heures, on disait une messe pour les docteurs-régents décédés, messe à laquelle docteurs et élèves étaient tenus d’assister, sous peine d’amende. On passait ensuite à la salle d’Assemblée où le premier bedeau faisait la lecture des statuts de la Faculté de médecine, après quoi avait lieu la prestation du serment des appariteurs et des bacheliers.

La Faculté n’était pas assez riche pour payer un secrétaire; c’était le doyen qui remplissait ces importantes fonctions ; c’était lui qui était chargé d’inscrire sur un livre spécial les nom. prénoms, surnoms, âge, religion des étudiants et le certificat des deux années d’études en philosophie ou de maître ès arts. C’était lui qui rédigeait les Commentaires de la Faculté ; mais il n’était pas professeur.

Les étudiants ou philiatres devaient assister exactement aux leçons et aux disputes publiques ou argumentations; ils devaient écrire avec soin leurs cahiers et noter les explications des professeurs (6). Quatre fois par an ils s’inscrivaient sur les registres de la Faculté et y prenaient leur inscription dont le prix était de six livres : ils désignaient les deux ou trois professeurs dont ils devaient suivre les cours : ces professeurs étaient à la fois leurs mai-

(G) Statuts de la Faculté , art. 5.

Les Étudiants ou Philiatres.

très et leurs guides. Il existait alors entre maîtres et disciples des rapports et des liens intimes qu’on rencontre quelquefois, mais plus rarement aujourd’hui. On trouve à la bibliothèque de la Faculté de médecine le Codex inscriptionum de 1753 à 1774. Elles sont toutes libellées de cette manière :« Ego Joannes Baptista Eugenia Duman- « gin, Castro-Theodoricus excipio lectiones MM. Le Camus, phy- « siologiœ, Messence rei herbanæ, Hérissant pharmaciæ professo- « rum,pro prima p rimi anni inscriptione, die trigesimà mensismartii « et Solvi 6 lib. » Les inscriptions se prenaient généralement en octobre, en janvier, en mars et en mai. Le doyen certifiait la sincérité des inscriptions par l’apposition de sa signature sur le Codex inscriptionum. Ce registre nous permet de savoir le nombre des j étudiants en médecine d’après le nombre des inscriptions qui étaient prises à chaque trimestre. Ce nombre peut être évalué, à la | fin du xviii0 siècle, à 80 ou 100 : ainsi, au trimestre de mars 1763, il a j été pris 87 inscriptions, soit 522 livres 5 au trimestre de mai, 78 inscriptions, soit 468 liv. • au trimestre d’octobre, 94 inscriptions, soit 564 liv. ; au trimestre de janvier 1764, 126 inscriptions. C’était, en j moyenne, une vingtaine d’étudiants nouveaux par année.

Le côté religieux avait aussi sa part dans la vie des étudiants.

I Ils devaient assister exactement aux messes de la Faculté, arriver I au moins avant l’épître et se tenir d’une façon décente. Les absents étaient tenus de payer une amende de 3 livres 5 déficientes plectun-

tur 3 lib. (7).

L’enseignement public était donné dans les salles basses à 5 heures

(7) Annales med'ci... , p. 15o.

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