‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 128 sur 128 · Chapitre onzième · texte numérisé non relu

Chapitre onzième

Ces statuts ont été homologués en la Cour du Parlement, le 19 avril 1751, imprimés par décret de la Faculté, en date du mardi 27 avril, et ils ont été en vigueur jusqu’à la suppression de la Faculté.

Ceux de la Faculté de Montpellier, qui remontaient à 1554, étaient beaucoup plus simples et moins nombreux; ils ne contenaient que treize articles; mais ceux de l’Ecole de chirurgie, un peu copiés sur ceux de la Faculté de médecine, s’élevaient au nombre de 83.

La suppression des vieilles écoles entraîna l’abolition de tous ces statuts qui ne reparurent ni avec la création des nouvelles Ecoles de santé, ni avec la création de la nouvelle Université de France. Cependant, quelques-uns de ceux qui traitent de déontologie médicale existent encore, sinon de droit, mais au moins de fait dans l’esprit de notre corporation. Néanmoins, depuis notre émancipation individuelle, le docteur en médecine, une fois en possession de son diplôme, peut suivre aujourd’hui la voie droite ou les chemins tortueux, sans encourir aucun blâme public. Il n’a d’autre tribunal que celui de sa conscience, tribunal parfois bien indulgent. Il n’en était pas ainsi autrefois. La Faculté avait décrété, le 24 août 1675, que toute injure envers un collègue entraînerait une amende de quinze livres pour les ornements de la chapelle; elle avait encore décrété la privation absolue de ses émoluments ou même l'expulsion de la Faculté, à l’égard de tout membre qui aurait accepté des consultations avec des médecins étrangers, ou qui, par un intérêt sordide, aurait

Les Statuts .

osé chercher à supplanter un collègue auprès de ses malades, qui sordidâ prehensatione} in alterius detrimentum, cujuslibet œgri curam ambire ausus fuerit.

Tels furent les statuts qui, pendant plusieurs siècles, ont régi l’ancienne Faculté, qui ont constitué sa force, ont entretenu ses membres dans la plus étroite confraternité. Le contact journalier rendait ces rapports plus intimes: l’isolement était impossible, et l’expulsion de la Faculté était le plus redoutable châtiment qui'pût être infligé à un docteur régent. Elle usa quelquefois de ce moyen rigoureux, car elle tenait à ses règlements, elle tenait à ses privilèges ; elle préférait comme on l’a vu lors de la donation de Michel Le Masle, rester pauvre plutôt que de commettre la moindre faiblesse. Cette union faisait sa force. Les événements l’ont emportée ] elle a disparu dans la tourmente révolutionnaire et assurément elle se fût éteinte sans elle, car son immobilisme l’eût fait périr. Elle oubliait une chose, ou plutôt elle ne la comprenait pas ; c’est cette chose qui s’appelle le progrès, qui marche toujours, ne s’arrête jamais, -—le progrès avec lequel il faut compter, au risque de demeurer en route, et qui vieillit si vite les hommes et leurs institutions.

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