Chapitre onzième
Art. 78. — Dans toutes les Assemblées médicales, que les plus jeunes se lèvent devant les anciens ; que les anciens soient bons et bienveillants pour les jeunes. Dans les consultations médicales, les plus jeunes, selon la coutume, donneront les premiers leur avis et chacun ensuite selon son rang d'ancienneté au doctorat. Ce qui aura été accepté à la majorité dans ces consultations, sera rapporté avec prudence au malade, aux parents du malade, ou aux amis, par le plus ancien et avec l’assentiment de ses collègues. Que les médecins appelés à ces consultations y arrivent exactement à l’heure fixée par le plus âgé, de peur que le retard d’un seul n’occasionne de l’inquiétude au malade ou de la gène à ses collègues.
Art. 79. — Les formules par lesquelles seront prescrits des remèdes réconfortants ou altérants ou purgatifs, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, seront écrites en latin et signées de ceux qui les prescriront, avec l’année, le jour et le nom du malade. Même observation dans la prescription des saignées.
Art. 80. — Daûs toutes les affaires de la Faculté, l’Assemblée ayant été convoquée régulièrement, toute délibération prise par le doyen à la majorité des suffrages sera considérée comme le sentiment de toute la Faculté ; mais quand on sera pour accorder quelque faveur qui paraisse forcer les statuts, le doyen ne pourra rien conclure sans le consentement unanime de toute la corporation, de telle sorte que la réclamation d'un seul membre présent pourra empêcher la conclusion.
Les Statuts.
Art. 81 . — Les docteurs convoqués aux Assemblées de la Faculté s’y comporteront avec décence et gravité: ils y prendront place et donneront leur avis selon leur ordre de promotion au décanat. Ils exposeront leur opinion sur le sujet proposé, tranquillement, paisiblement, à leur tour, et personne n’interrompra son collègue. Ces Assemblées devront avoir lieu sans bruit ni disputes.
Art. 82. — De même dans les salles basses, les docteurs proposeront à leur tour les arguments à chaque bachelier : aucun docteur ne pourra, dans la discussion, parler en français • nul ne pourra interrompre son collègue sous peine de privation de droit de suffrage.
Art. 83. Les docteurs ne pourront entrer dans la balustrade des salles basses qu’en robe longue et à manches, avec le bonnet carré, l’épitoge écarlate, et un rabat simple comme le portent les gens de robe. Ils assisteront dans ce costume, aux actes des bacheliers, quand ils devront porter leur jugement sur leur savoir : ils certifieront leur présence par l’apposition de leur signature sur le registre s’ils agissent autrement, ils seront privés du droit de suffrage.
Art. 84 et dernier. — Le doyen, les docteurs et le collège des médecins de Paris observeront strictement ces statuts et veilleront à ce que dans la suite nul ne s’en écarte : tous les ans, le jour de Saint- Luc, après la messa, ils les feront lire publiquement par le premier appariteur dans les écoles supérieures.
Signé : Baron, doyen.