‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 16 sur 128 · Chapitre deuxième · texte numérisé non relu

Chapitre deuxième

chirurgiens, escoliers, de prendre et enlever les corps morts sans permission, sur requeste signée par le doyen, à peine de 400 livres parisis d’amende et de faire fermer les boutiques. » Le 15 mars 1632, l’amende fut portée à 1000 livres et a défense fut faite aux pages, laquais et bateliers d’enlever les cadavres sous peine de vie. »

Une autre fois, le 5 novembre 1632, le chirurgien Jean de La Noue avait obtenu un cadavre de supplicié ; plainte fut portée par le doyen Boujonnier et le 12 mars 1633, Jean de La Noue fut condamné aux dépens et à 60 livres parisis d’amende.

Si les cadavres étaient rares, les frais d’études anatomiques étaient peu considérables : les étudiants de première année payaient quarante sols ; ceux de deuxième, vingt sols ; ceux de troisième et de quatrième, dix sols.

On comprend qu’avec un tel système, l’anatomie ne devait pas faire beaucoup de progrès.

Joignons à cela que le professeur d’anatomie n’avait pas besoip d’ètre un habile anatomisle ; il parlait du haut de sa chaire, et laissait à un autre, le plus souvent à un barbier-chirurgien, le soin de manier le scalpel. Et pour que le préparateur ne s’écartât pas de son modeste rôle, un statut disait : « Doctor non sinat dissectionem diva gari, sed contineat in officio dissccandi. »

Le professeur d’anatomie était secondé dans son enseignement par

Les Étudiants ou Philiatres.

un étudiant choisi par les autres étudiants : cependanton donnait la préférence aux bacheliers. C’était une sorte de prosecteur chargé de récapituler en latin la leçon du professeur : il avait le titre d' Archidiacre des écoles.

Le cours de chirurgie était fait par le professeur d’anatomie ; c’est-à-dire qu’un seul professeur suffisait pour le double enseignement. Le professeur de chirurgie enseignait tout ce qui regarde la théorie et la pratique et faisait ses leçons dans l’après-midi. Il choisissait un temps commode pour faire dans l’amphithéâtre son cours d’anatomie (12).

Le professeur de chirurgie en Langue française faisait ses leçons le matin, dans le grand amphithéâtre, en faveur des chirurgiens. Son cours était inauguré par un discours d’apparat en français. Il devait se borner à enseigner seulement ce qui regarde les opérations manuelles, « la division du contenu, l'union des parties divisées et l’extraction des corps étrangers. » Il traitait aussi des blessures, des plaies, des tumeurs, des luxations et des fractures, et faisait dans l’amphithéâtre un cours public français d'anatomie, et d’opérations de chirurgie sur le cadavre humain, en faveur des apprentis chirurgiens (13).

Une large part était faite à la pharmacie dans l’enseignement de

(12) Statuts, art. 55.

(13) Statuts, art. 53.

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