Chapitre troisième
valent être réduites à deux années en faveur des fils des docteurs régents de l’École de Paris (1).
Bien que les examens n’eussent lieu que tous les deux ans, il y avait quelquefois des examens extraordinaires; nous en trouvons en 1695, en 1703, en 1705, en 1711. C’était une sorte de faveur accordée parla Faculté d’abord aux fils des docteurs régents de Paris, pour qui avait lieu, au mois d’octobre, une nouvelle session d’examen qu’on appelait Remigiales , à cause de Saint-Rémi, dont la fête a lieu le premier octobre (2). Mais cette coutume engendra des abus, et le 20 août 1718, Armand Douté, doyen de la Faculté, dut intervenir et demander la suppression de ces examens. A partir de cette époque, cette faveur ou jubilé ne fut plus accordée que lorsque le nombre des candidats n’était pas satisfaisant pour soutenir l’honneur de l’École. Mais toutefois, il fallait que la Faculté y consentit et qu’il n’y eût aucune réclamation.
Le nombre des candidats au baccalauréat en médecine n’était pas considérable ; il variait entre deux et dix, et dépassait rarement ce chiffre. En 1408, il y avait deux candidats ; en 1683, il y en avait 8; en 1686, 3 ; en 1688, 5 ; en 1692, 2 ; en 1698, 7; en 1702; 8 ; en 1704, 6; en 1712, 7 ; en 1714, 9 ; en 1716, 6; en 1718, 4 ; en 1730, 7. Les ajournements étaient rares.
Les examens pour le Baccalauréat avaient lieu à partir du mois
(t) Statut? de la Faculté, art. 0.
(2) Stututs de la Faculté , art. 14.
Le Baccalauréat en médecine. 37
de mars ; mais ils étaient annoncés vers le milieu de février par ordre du Doyen et des Docteurs régents de la Faculté {De mandato X... Facultatis medicinœ Parisiensis Decani , et MM..., Doctorum regentium ejusdem Facultatis ), à l’aide d’affiches signées du premier bedeau, apposées aux portes de l’Ecole de médecine et dans les carrefours de la ville '3). Ils consistaient en épreuves orales sur l’anatomie, la physiologie, l'hygiène, la pathologie et la botanique; en deux thèses, l’une sur la pathologie ou la physiologie, l’autre sur l’hygiène et enfin en épreuves manuelles d’anatomie et de chirurgie.
A la mi-carème, c’est-à-dire « le samedi qui précédait le quatrième dimanche avant la quadragésime, » après la messe, les aspirants au baccalauréat, vêtus de la robe longue et coiffés du bonnet carré {veste talari et pileo quadrato, ut moris , ornatï), se rendaient dans les salles supérieures où étaient réunis le Doyen et les docteurs régents. L’un des Candidats prenait la parole au nom de ses condisciples, et dans « une supplique courte et élégante, » demandait qu’il leur fût accordé d’ètre admis à l’examen. Cet acte s’appelait la supplique.
I Le plus ancien des Docteurs interrogeait chacun des candidats sur ses nom, prénoms, surnoms, le lieu de sa naissance, sa religion, et : lui proposait une question de médecine, comme simple formalité, j On leur indiquait un jour avant celui de l’examen pour apporter ! leur extrait de baptême, leurs certificats d’études, ce qu’on appelait | les lettres testimoniales.
(3) Statuts , art. 7.