‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 25 sur 128 · Chapitre troisième · texte numérisé non relu

Chapitre troisième

mière thèse de chaque année, le premier bedeau donnait lecture des noms de tous les docteurs régents de la Faculté de Paris ; ces noms étaient inscrits par le doyen lui-mème dans les Commentaires. Le bedeau rappelait ensuite aux étudiants le décret de la Faculté, en date du mardi 12 décembre 1673, leur interdisant d’entrer à l’amphithéâtre anatomique ou dans les écoles inférieures avec des épées. Nous avons vu que, dans l’affiche annonçant l’ouverture du cours de Winslow, cette défense avait été rappelée aux étudiants.

Depuis le mercredi des Cendres jusqu’à la Saint-Pierre, 29 juin, les bacheliers devaient soutenir leur thèse cardinale , sur un sujet d’hygiène (1 1 j. Ces thèses étaient ainsi appelées en mémoire du cardinal d’Estouteville. Né en Normandie vers 1403, Guillaume d’Estouteville ou de Touteville (de Totavilla) devint archevêque de Rouen, puis cardinal en 1437. En 1438, Charles VII avait rendu la pragmatique sanction de Bourges, qui limitait les appels en cour de Rome, restreignait l’autorité pontificale et favorisait l’Eglise de France. La même année, le cardinal d'Estouteville, en qualité de légat du pape, présida à Bourges une assemblée d’évêques où l’on s’occupa de la pragmatique sanction, mieux vue en France qu’à Rome. Aimé du Parlement et du clergé, il fut chargé en 1452, par le pape lui-mème, d’opérer dans l’Université de France, fille aînée de l’Église, les reformes nécessaires et il s’en acquitta avec une grande indépendance et une grande profondeur de vues. C’était un homme de progrès, et la réforme qu’il proposa et établit en est une preuve incontestable.

(Il) Statuts^ art. 17.

Le Baccalauréat en médecine. 51

Le pape Nicolas V l’avait jugé ainsi, en le chargeant de cette délicate mission, dans laquelle du reste il avait pour collaborateurs quelques membres du Parlement et du clergé.

Le 1er juin 1452, après s’être occupé des réformes à opérer dans les Facultés de théologie et de droit, le cardinal d’Estouteville porta ses soins sur la Faculté de médecine.

Le célibat était imposé aux docteurs régents 5 la Faculté de médecine, à son origine, n’était presque exclusivement composée que d’ecclésiastiques. Peu à peu les laïques étudièrent cette science, et, vers la fin du xive siècle, le pape Honorius III l’interdit aux prêtres. Mais quoique les médecins fussent alors laïques, le célibat leur était imposé, non point pour pratiquer la médecine, mais pour arriver à la régence. Or, la régence donnait à celui qui possédait ce titre des fonctions et des droits relatifs au régime intérieur de la Faculté, à la gestion de ses affaires, à l’enseignement (12). Les Commentaires de la Faculté nous apprennent que Johannes De Pisiis , Jean Despois, reçu bachelier en 1395, ne put être admis à la licence parce qu’il s’était marié depuis son examen et qu’il ne rentra à la Faculté qu’après être devenu veuf.

Le premier point sur lequel le cardinal d’Estouteville porta son attention fut le célibat imposé aux docteurs régents. «Cet ancien « statut, dit-il, qui exclut de la régence de la Faculté de inédeeinc

(12) Commentaires , XXII, p. 44 — XXIV, p. 182.

Page 1