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LA LICENCE EN MEDECINE ET LE PARANYMPHE

Une fois en possession de son diplôme de bachelier, l’étudiant allait réellement commencer l’étude de la médecine. De philiatre il devenait bachelier émérite; il devait, comme nous l’avons vu, faire des conférences le matin aux étudiants des deux premières années, lire dans les écoles inférieures* c’est-à-dire commenter les auteurs classiques, Hippocrate, Galien, Avicenne, Rhazès, Fernel, etc. Il s’exerçait à parler en public, tout docteur régent pouvant devenir professeur. Maître le matin, car l’étudiant en avait le titre, magister , il continuait à être élève le reste de la journée. Le bachelier émérite s’attachait à un docteur régent, qui était son conseiller* sois

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guide. Il se formait insensiblement à la pratique de la médecine en assistant tous les samedis aux consultations charitables (1), imaginées et mises en pratique par Théophraste Renaudot, docteur de la Faculté de Montpellier, à la grande satisfaction du public et à la grande vexation de la Faculté de Paris. Elle se décida à suivre l’exemple donné par Th. Renaudot. Le 27 mars 1639, elle prit un arrêté pour donner aussi des consultations charitables; mais elles ne commencèrent à être mises en pratique qu’à partir du 1er juin 1644. Elles avaient lieu tous les samedis, de dix heures à midi, après la messe, dans les salles supérieures de la Faculté, et étaient données par six docteurs, dont trois anciens et trois nouveaux. C’étaient les bacheliers qui rédigeaient les consultations.

Après deux années passées ainsi, pendant lesquelles le bachelier émérite était alternativement maître et élève, il avait à subir deux autres thèses quodlibétaires ; l’une sur un sujet de pathologie ou de thérapeutique, l’autre sur une question médico -chirurgicale.

Les thèses de thérapeutique et de pathologie ne différaient pas, quant à la forme, des thèses de physiologie ; elles n’étaient pas plus longues. Tous les sujets de thèses sont conservés dans la collection Th. Baron (2) et un grand nombre de ces thèses existent encore à la bibliothèque de la Faculté.

La soutenance de ces thèses avait lieu chaque semaine, depuis la

(1) Statuts de la Faculté , art. 2.

(2) Quœstionum medicarum sériés chronotogica, 1 vol. in-i°.

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Saint-Martin d’hiver jusqu’aux Cendres, selon la forme usitée pour les thèses du baccalauréat (3).

Les thèses médico-chirurgicales n’apparaissent que tardivement dans les Commentaires de la Faculté : nous les voyons signalées pour la première fois le 1er avril 1724, sous ledécanat de Ph. Caron, qui les a instituées. Elles étaient soutenues depuis les Cendres jusqu’aux vacances. On faisait un rapport sur celles qui étaient remarquables ; c’est ce qui arriva pour celle de Corvisart qui fut soutenue le 17 février 1782 et qui avait pour sujet : An noxiœ vulneribus turundœ ? (5). (La charpie est-elle nuisible aux blessures?)

Les bacheliers émérites suivaient les cours de chirurgie latine et de chirurgie française. Si les médecins ne pratiquaient pas la chirurgie, ils ne devaient pas l’ignorer. Aussi, pendant l’hiver de la seconde année, les bacheliers émérites devaient faire, pendant toute une semaine, l’essai de leur habileté chirurgicale, sur un cadavre, en présence de la Faculté. Là, ils étaient interrogés sur les causes, les signes, les suites et la cure chirurgicale des maladies, sur l’application externe des médicaments, sur les instruments de chirurgie. Ils devaient expliquer la manière d’opérer, d’appliquer des : bandages, en mettant eux-mèmes la main à l’œuvre.

(3) Statuts, art. 20.

(4) Statuts, art. 21 .

(5} Commentaires 3 1. XXIV, p. 499.

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