‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 3 sur 128 · Chapitre premier · texte numérisé non relu

Chapitre premier

Conservée dans les cloîtres pendant tout le moyen âge, la médecine fut d’abord ecclésiastique, et nos aînés, ignorant le luxe, peu soucieux du bien-être, n’avaient primitivement pour lieu de réunion que le voisinage du bénitier de Notre-Dame, l’église Sainte-Géneviève des Ardents, ou bien celle des Mathurins, que ces religieux prêtaient moyennant rétribution.

C’est en 1281 que la Faculté de médecine fit un corps à part, voulut avoir ses sceaux à elle, une masse en argent, ses registres particuliers et son domicile.

T, 'installation primitive des Écoles de Médecine s’était faite à côté des Écoles des Arts, dans une rue qui prit le nom de rue des Escholes ou des Escholiers , puis en 1300, celui de rue du Feurre , à cause de la paille, feurre ou fouarre dont elle était couverte et sur laquelle s’asseyaient les étudiants. En 1358, l’Université obtint de Charles, régent du royaume, que l’on mit, aux'deux bouts de la rue, des portes qui seraient fermées le soir, afin d’empêcher les écoliers de venir y déposer leurs ordures et de s’y amuser avec des filles de

decinc de Paris , in-i°, 1170. — Jaillot, Recherches sur Paris , 5 vol. — Dubreuil, Théâtre des antiquités de Paris . — A, Franklin, Recherches sur la Bibliothèque de la Vacuité de médecine de Paris, in-18, 18G1. — Chércau, Les anciennes Ecoles de la rue de la Bùcherie , gr. in-8°, 1866. — Synopsis rerum memorabilium... de 1321 à 1676, manuscrit in-f° conservé à la Bibliothèque de la Faculté. — Annales medici de 1324... ad 1732, par Th.-Bcni. Bertrand, manusc. id. — Riolan, Curieuses recherches sur les Escholes en médecine , etc... — Sabatier, Recherches historiques sur la Vacuité de Médecine de Paris, in-8, 1837.— M. Raynaud, Les Médecins au temps de Molière, 1862* in- 12.

Les Bâtiments.

joie qui logeaient dans le voisinage. Quatre ans après, le roi Jean donna du bois de sa forêt de Bièvre, aujourd'hui forêt de Fontainebleau, pour fabriquer ces portes.

La première acquisition authentique remonte à la date du 24 mai 1369, qui mentionne « l’acquisition de la place des Escholes des médecins qui sont en la rüe des Rats » (2).

Bien que le nombre des étudiants ne fut pas encore très-considérable, l’installation de la rue du Fouarre était insuffisante. Jacques Desparts, docteur-régent, chanoine de Notre-Dame, médecin de Charles VII, proposa à ses collègues l’acquisition d’un immeuble voisin, et offrit dans ce but trois cents écus d’or, une grande partie de ses meilleurs livres et des meubles. Le doyen Denis de Soubz-le- Four et l’assemblée remercièrent le premier bienfaiteur de la Faculté, mais les travaux furent ajournés, à cause des guerres avec les Anglais.

Jacques Desparts ne put voir commencer les travaux, car il mourut

le 3 janvier 1458.

Au mois de mars 1469, la Faculté assemblée arrêta « qu’elle achepteroit des Chartreux une vieille maison size en la rüe de la Bu* cherie, ioignant l’aultrc maison acquise par la dicte Faculté long-

(2) Dubrcuil, p. 5G2.

4 Chapitre premier.

tcms auparavant, ce qui fust faict pour le prix de dix livres tournois de rente annuelle payable aux Chartreux » (3).

L’acquisition faite, on songea à construire, et, en 1472, sous le décanat de Guillaume Bazin, on jeta les premières fondations de la nouvelle Faculté. On était pauvre, alors ; il n’y avait cette année-là, d’après Hazon, que quatre bacheliers , mais la caisse avait été un peu remplie par les docteurs-régents Michel de Colonia, Robert Poitevin, Regnier Hennegrève et quelques autres qui suivirent l’exemple donné par Jacques Desparts. D’autres docteurs se cotisèrent, abandonnèrent leurs émoluments ou bien prêtèrent de l’argent : parmi ceux-là, citons les doyens Denis de Soubz-le-Four, Rasso Madidi, Guillaume Bazin. En 1477, la maison était terminée, mais peu solide, il fallut y travailler de nouveau; et le 5 mars 1481, sous le décanat de Mathieu Dolet, la Faculté put ouvrir ses portes.

Dès 1483, on s’assemble dans la nouvelle Faculté, bien petite encore, trop petite même, car les étudiants commençaient à y affluer ; mais ce n’était, pour ainsi dire, qu’un bureau : les grandes assemblées se tenaient dans des endroits vastes ou bien chez les doyens, plus grandement logés.

Si les docteurs régents ne payaient pas patente comme aujourd’hui, leur Faculté avait à payer des redevances assez considérables, des censives, etc., savoir:

(3) Dubrcuil, ouv. cité , p. 562.

Les Bâtiments.

A l’Hôtel-Dieu 11 livres.

Aux Chartreux 10 —

A Sainte-Geneviève 1 écu.

Aux Cordelières Saint-Marcel. . . 30 sous parisis.

En 1486, le doyen Richard EUain racheta la rente de dix livres tournois aux Chartreux, moyennant cent écus d’or.

En 1491, sur le mur d’entrée des Ecoles, on fit élever un petit bâtiment, très-probablement destiné aux bedeaux, qui étaient alors une petite autorité.

L’impulsion que François Ier donna aux sciences et aux lettres attirait à Paris un nombre considérable d’étudiants venant de tous les pays de France, d’Allemagne et d’Angleterre. Les Écoles de la rue de la Bùcherie étaient trop petites. Les docteurs-régents résolurent d’acheter les maisons voisines, à droite et à gauche 5 celles de droite, qui avaient pour enseigne Aux trois Roys et au Soufflet, leur furent cédées assez facilement, la première en 1519 ; quant à celle de gauche,

| qui appartenait à Julien Évan et avait pour enseigne A V image Sainte-Catherine, il fallut plus tard l’intervention et la volonté toute puissante d’Henri IV.

L’article premier des statuts de la Faculté de médecine imposait 'obligation de la messe. Tous les samedis, les docteurs-régents,

| accompagnés des licenciés et des étudiants, se rendaient à l’é- ] glise des Mathurins pour y entendre une messe basse. Mais les | religieux étaient un peu exigeants*, la Faculté voulut s’affranchir et

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