Chapitre premier
résolut de faire servir de chapelle le petit bâtiment qu’on avait fait construire pour les bedeaux au-dessus du mur d’entrée. Comme un certain nombre de docteurs-régents étaient ecclésiastiques, ils faisaient eux-mêmes les fonctions de chantres. Toutefois, le jour de Saint-Luc, patron des médecins orthodoxes, une messe solennelle, souvent accompagnée de musique, était chantée aux Mathurins. Commencée le 24 janvier 1499, la chapelle fut achevée en 1502, mais elle ne servait pas encore au culte. C’est le 1er mars 1511 que fut chantée la première messe dans la chapelle des Écoles. En 1529, cette chapelle avait été démolie (4), et transférée dans le local affecté à la bibliothèque, surélevé de 3 pieds, où elle resta jusqu’en 1695.
En 1568, la maison à l’enseigne du Soufflet , située rue des Rats, à droite en sortant des Écoles, près celle des Trois Roys , fut achetée pecuniâ doctoratûs pour devenir un jardin botanique (5).
En résumé, à la fin du xvic siècle, la Faculté de médecine de la rue de la Bûcherie possédait une salle d’assemblée, une chapelle, une bibliot îèque, un jardin botanique, un logement pour les bedeaux: mais la chose principale faisait défaut, c’était l'amphithéâtre anatomique.
En 1604, on construisit un premier amphithéâtre en bois, ouvert à
(4) Die 14 novembres 1528, de consilio architectorum , construitur sacellum in co loco in quo jàm videtur antiqun Bibliothecn ad très pedes clevata. In Synopsis rerum memorabilium... etc,, p. 123.
(5) Synopsis, p. 192.
Les Bâtiments. 7
la pluie, à la neige, à tous les vents. Il ne dura pas longtemps, et, quatre ans après, en 1608, on songea à la maison située à gauche en sortant, au coin de la rue du Fouarre, appartenant à Julien Evan et portant l’enseigne de Sainte-Catherine (6). Les prétentions d’Evan étaient exagérées, mais il dut céder à la volonté royale qui, par lettrès patentes en date du 28 juin 1608, l’expropria moyennant une indemnité de 6000 livres.
Pour subvenir à différents besoins de la Faculté, un édit de Charles IX, en date du 10 avril 1568, avait imposé aux nouveaux licenciés une rétribution de soixante écus. Sur cette somme devaient être pris les fonds nécessaires pour la reconstruction de l’amphithéâtre. Mais la Faculté avait fait des virements. Riolan en fit une question personnelle, assigna la Faculté d’avoir à obéir à l’édit royal. L’affaire fut portée devant le Parlement qui ordonna, en janvier 1617, que la totalité des attributions devait être affectée ù la reconstruction de l’amphithéâtre. La Chambre des vacations décida, par arrêt rendu en septembre, que l’amphithéâtre serait élevé dans les parties du jardin tenant à la rue de la Bùcherie. Le doyen Philippe Hardouin, Nicolas Ellain, Jean Riolan et Denys Guérin passèrent le bail et surveillèrent les travaux (7).
En octobre 1617, les travaux commencent et durent trois ans . Mais l’amphithéâtre était à jour, sans vitraux et si peu solide que,
(6) Synopsis , p. 300. La date du 28 juin est donnée par la Synopsis. O) Commentaires de la Faculté, p. 117 ; XII, p. 128. XI,