‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 41 sur 128 · Chapitre cinquième · texte numérisé non relu

Chapitre cinquième

ments authentiques; nous les demanderons à l’inimitable Guy Patin dont les lettres nous sont un précieux guide, lettres si pleines de sel gaulois, tout à la fois médicales, politiques et philosophiques, malheureusement tronquées par je ne sais quel esprit et que nous aurons peut-être bientôt le bonheur de relire dans leur texte primitif. (7).

C’était alors un bon métier ; la somme ronde tombait toute seule dans l’escarcelle des consultants. Nicolas Brayer (8) qui faillit être médecin de Louis XIV, à la mort de Vallot, gagnait, bon an ma an, 80 mille livres, qu’il employait du reste charitablement, car « s’il recevait un écu d’or par visite, dit Hazon, il ne donnait pas moins lorsqu’il visitait les pauvres », et le curé de Saint-Eustache, sa paroisse, recevait chaque mois un sac de 1000 livres pour ses indigents. Aussi Brayer fut-il inhumé dans cette église (9).

Restait une dernière formalité à accomplir, c’était l’Acte de régence, précédé de l’acte pastillaire, nouvelle argumentation entre l’élu et un candidat ou un bachelier, et entre le président et un jeune

(7) Né à Hodenc-en-Bray (Oise) en 1601, doyen de la Faculté de 1650 à 1652, mort à Paris en 1672. La collection complète, originale et authentique des letlrcs de Guy Patin, est à la bibliothèque nationale, dépôt des manuscrits.

(8) Né à Château-Thierry en 1606, mort â Paris le 6 octobre 1678. — Vallot est mort le 8 août 1671.

9) Hazon. Notice sur les hommes les plus célèbres de lu Faculté de médecine de Paris, in-4, 1778, p. 119.

Le Doctorat en médecine.

docteur. Cet acte avait tiré son nom de l’usage qui consistait à faire ce jour-là aux assistants une distribution de petits gâteaux (pastillaria ), toujours aux frais de l’étudiant.

Faire acte de régence c’était, pour le nouveau docteur, présider extraordinairement, c’est-à-dire avant son tour, une thèse quodlibétaire, à la Saint-Martin suivante. Le lendemain il était inscrit par le doyen sur les registres de la Faculté, prenait part à ses affaires, â l’exécution de ses décrets et de ses lois. Quelques jours après, il recevait ses lettres de doctorat, diplôme latin trop long pour pouvoir être rapporté ici. Toutefois il avait encore un stage de deux ans à faire avant de pouvoir participer aux gros émoluments et entrer dans les fonctions de l’École, comme examinateur professeur ou bibliothécaire. Pendant les dix premières années, il était du banc des jeunes pour passer ensuite au banc des anciens. On suivait scrupuleusement la date de réception au doctorat. Le nombre des réceptions était en moyenne annuelle de 5 à 10 : aujourd’hui il est bien plus considérable. Depuis 1830 jusqu’en 1870 il a été reçu 11 760 docteurs à la Faculté de médecine de Paris, ce qui fait une moyenne de 294 chaque année. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’autrefois, bien que les docteurs régents eussent le droit d’exercer par toute la terre, ubique terrarum, ils ne quittaient Paris que dans des cas exceptionnels et fort rares, tandis qu’aujourd’hui c’est la majorité qui quitte Paris pour la province.

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