‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 49 sur 128 · Chapitre sixième · texte numérisé non relu

Chapitre sixième

D’autres jetons représentent des devises, des figures emblématiques ; tantôt c’est Jupiter foudroyant les Titans, sous le décanat de J. -B. Doye, en 1714-1715, sans doute une allusion à la Faculté écrasant les médecins provinciaux ; tantôt c’est la scène d’Alexandre et de son médecin Philippe, sous le décanat de Philip ; tantôt ce sont des bacheliers qui s’exercent à l’anatomie et aux opérations, sous le décanat de Baron, ou bien ce sont la Concorde et la Constance se donnantla main pour vaincre, sous le décanat de Bourru, de 1788 à 1792.

Lorsqu’un doyen mourait en fonctions, ce qui arriva en 1480, en 1597, en 1603, en 1623, en 1740, la Faculté lui faisait des funérailles dignes de la corporation. En tète du cortège marchaient les bacheliers, précédés du premier appariteur, portant une robe violette et la masse d’argent ; derrière eux, venait le second appariteur en même costume, précédant le corps. De chaque côté se tenaient quatre docteurs régents, deux ancie*ns et deuxjeunes, ceux-ci par devant, portant les coins du drap funéraire. Tous les docteurs, en grand costume, avec la robe rouge ( cappa ) et la chausse ou épitoge écarlate, deux à deux, suivaient le corps de leur collègue. A l’église, douze torches funèbres, fournies par la Faculté, brûlaient autour du cercueil et toute la corporation venait jeter l’eau lustrale, par rang d’àge, en commençant par l’ancien et en finissant par les appariteurs (10).

Pour l’ancien la cérémonie était la même. Les ex-doyens, les professeurs n’avaient droit qu’à six torches funèbres ; les docteurs ré-

(10) Baron. Ouvr. cité, p. 133.

L'Ancien , le Doyen et le Censeur.

gents, à quatre. Mais, quelque soit le titre du défunt, c’était un devoir sacré de l'accompagner à sa dernière demeure, à moins que la famille n’ait oublié d’avertir la Faculté. Beaucoup étaient inhumés dans les églises. Aujourd’hui que nous nous sommes émancipés, que le niveau égalitaire a passé sur nous, nous avons changé tout cela et nous ne faisons pas aussi bien que nos aînés. Qu’un médecin meure, quelques confrères amis accompagnent ses restes ; si c’est un membre de la Faculté, elle s’y fait représenter par la maigre députation officielle, quand même ce professeur se serait appelé Roux, Marjolin, Rostan, Trousseau, Bérard ou Velpeau.

Pendant longtemps, et encore au xvne siècle, un docteur régent ou un bachelier montait en chaire dans l’église et prononçait l'éloge funèbre du défunt, s’il avait joui d’une certaine réputation. Cela avait lieu surtout pour les doyens. Riolan, Claude Charles, Nicolas Ellain, Michel Seguin, etc., eurent leur panégyrique (11).

Quelques jours après, on célébrait dans la chapelle des écoles une messe pour le défunt, usage qui remontait à 1372. L’assistance à cette messe était obligatoire pour tous, maîtres et élèves.

En compulsant les vingt-quatre précieux volumes qui constituent les Commentaires de la Faculté de médecine de Paris, il est permis de rétablir la série de cent-quatre-vingt-trois médecins qui ont été

(11) Hazon. Notice des hommes les plus célèbres de la Faculté de Paris , p. 36.

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