‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 57 sur 128 · Chapitre septième · texte numérisé non relu

Chapitre septième

Mais le véritable enseignement était donné par les professeurs dont le nombre varia. Le professorat n’était pas comme aujourd’hui une vocation ou un but. Tous les docteurs pouvaient y prétendre : l'émulation, l’aptitude en ouvraient les moyens; le sort faisait le reste. Tous les docteurs régents étaient appelés à tour de rôle à prendre part aux actes publics de la Faculté, aux examens des élèves. Les exercices de l’Ecole, les argumentations des thèses les entretenaient dans cette habitude. Il faut reconnaître aussi qu’alors la médecine ne comportait pas tout ce qu’elle embrasse aujourd’hui: il était facile à un médecin d’être encyclopédiste, ce qui n’est guère possible maintenant que les spécialités abondent, vont sans cesse en augmentant et sont à la veille de prendre place dans l’enseignement officiel qui les avait repoussées jusqu’à ce jour. Hâtons-nous toutefois de dire que l’ostracisme qui les a frappées avait un peu sa raison d’étre dans l’origine ou l’exercice suspect de quelques-unes d’ent*e elles.

Primitivement deux professeurs, qu’on appelait aussi lecteurs , avec les bacheliers émérites suffisaient à l’enseignement de la médecine. Les deux premiers professeurs nommés directement par la Faculté furent, en 1505, Jean Guichard qui enseignait le matin les choses naturelles et non naturelles , et Jean de Ruel, de Soissons, qui enseignait le soir les choses contre nature , c’est-à-dire la pathologie et la matière médicale. Ils recevaient douze livres d’honoraires fixes. L’année suivante et jusqu’en 1566 il fut établi que celui qui voulait être professeur en ferait la demande (supplicabat pro professore ), et, en cas de concurrence , la Faculté se réservait le droit de choisir.

Les Professeurs et le Bibliothécaire.

A partir de cette époque on établit le système d’élection. Ce n’est que le 2 novembre 1641 qu’on les élit pour la première fois pour l’année suivante.

Hippocrate et Galien étaient les principaux guides suivis par les professeurs. Ne pouvant enseigner ni expliquer Hippocrate en entier, on avait choisi les aphorismes, les maladies aiguës, les pronostics, etc. Pour Galien, on se servait de l’extrait fait par Joannitius, sous le titre de Introductio ad artem Galeni. On expliquait aussi quelques ouvrages spéciaux : le traité de Philarète, sur le pouls ; celui de Théophile, sur les urines; celui d’Isaac, médecin arabe, De viatico. Joignons-y le Totum continens Rhazis , les canons d’Avicenne, le Colliget d’Averrhoës, les collections d’Avenzoar, et nous aurons la liste à peu près complète des ouvrages de pathologie.

L’hygiène ou science du régime était dans les traités diététiques d’Hippocrate et de Galien, dans les préceptes de l’École de Salerne.

L’anatomie faisant partie des choses naturelles , son enseignement incombait au professeur chargé du cours de première année. D’après l’appendice aux statuts de 1598, il devait enseigner d’abord l’ostéologie du haut de sa chaire (ex suggesto) et n’était astreint à faire que deux anatomies par an sur des cadavres humains. Heureusement que cet article n’était pas suivi à la lettre et que le Jardin du Roi, le Collège de France et quelques cours particuliers suppléaient à l’insuffisance de cet enseignement, introduction indispensable à toute étude médicale.

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