Chapitre septième
L’élection des professeurs se faisait par les mêmes électeurs qui avaient élu le doyen, delà même manière, après le même serment et avec les mêmes formalités. Tous les professeurs n’étaient pasrenouve>és chaque année, car les deux professeurs de médecine, appelés professores scholarum , restaient deux ans en fonctions, enseignant, la première année, la physiologie et l’anatomie, et la deuxième année la pathologie; de telle sorte qu’il n’y avait jamais qu’un de ces professeurs à remplacer, celui de première année passant en seconde et ce dernier rentrant dans le sein de la Faculté. Les professeurs de physiologie, et plus tard ceux de chirurgie française et de pharmacie, furent élus un an d’avance, afin qu’ils pussent préparer leur cours.
On a vu que pour l’élection du doyen on mettait dans l’urne trois noms, deux du rang des anciens et un seul du rang des jeunes; pour l’élection des professeurs, le contraire avait lieu, c’est-à-dire qu’on mettait dans l’urne les noms de deux jeunes docteurs et d’un ancien, afin de donner plus de jeunesse et de vigueur à l’enseignement. Pour la pharmacie, on prenait deux noms du rang des anciens et un du rang des jeunes.
Toutes ces nominations avaient lieu le premier samedi qui suivait la fête de la Toussaint.
Dans l’ancienne Faculté, il y avait égalité entre tous les docteurs régents. Quoiqu’on vécût sous la. monarchie absolue, la Faculté était une petite république, ayant son autonomie, et dont tous les
Les Professeurs et le Bibliothécaire .
membres se tenaient sur le pied de la plus complète égalité. Tous avaient droit de suffrage; tout se faisait à l’élection. Le doyen, les professeurs, les examinateurs et le bibliothécaire ne devaient leurs fonctions temporaires — et jamais perpétuelles — qu’aux suffrages de leurs pairs. L’Etat n’avait rien à y voir. Et comme la force humaine a ses limites, nos anciens ne voulaient pas qu’un homme s’éternisât dans la même position, cette position réclamant le plus souvent de la jeunesse, de l’ardeur et de l’activité.
Toutefois la vieille Faculté ne mettait pas à une retraite définitive ceux qui, dans leurs fonctions, avaient fait preuve de talent et d’habileté. L’article 73 des statuts permettait la réélection, mais à la condition qu’il n’y aurait aucune opposition. Ainsi nous voyons Barbeu-Dubourg professer la pharmacie en 1753 et la chirurgie latine en 1758; Cosnier enseigner la chirurgie française en 1754, la chirurgie latine en 1755, la physiologie et la pathologie en 1757 et 1758; Baron professer la pharmacie pendant deux années en 1757 et 1758; Cantwel enseigner la physiologie et la pathologie en 1755 et 1756, et la chirurgie française en 1759.
La durée du professorat étant limitée, chaque professeur mettait son amour-propre à briller pendant son court passage dans l’enseignement, dont l’excellence ou la faiblesse se réflétait dans les longues et pénibles épreuves des candidats au baccalauréat et à la licence.
Les professeurs nouvellement élus prêtaient serment sur l’Evangile, manu super Evangelium appositâ.