Chapitre septième
quitter ses vieux bâtiments de la rue de la Bucherie, rendus inhabitables par les inondations de la Seine et croûlant d’humidité et de vétusté, pour aller occuper provisoirement les anciennes écoles de droit, situées rue Jean de Beauvais. La bibliothèque dut être transportée dans le nouveau local et le 19 septembre 1775, on pouvait lire sur les murs de la Faculté :
« La Faculté de Médecine, en l’Université de Paris, étant dans « l’indispensable nécessité d’abandonner ses Ecoles, sises rue de la « Bucherie, à raison de leur vétusté, avertit le public que l’ouver- « ture de sa bibliothèque, qui, suivant l’usage, devoit se faire le « jeudi après la fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix, se fera cette « année dans les anciennes Ecoles de Droit, rue Saint-Jean de Beau- « vais, bâtiment qu’il a plu à Sa Majesté lui accorder en attendant, « et que la rentrée de la Bibliothèque, ainsi que celle des Ecoles, « sera annoncée incessamment par de nouvelles affiches.
« J. Alleaume, doyen. » (49).
C’est en 1776 que la bibliothèque fut définitivement installée au second étage, dans deux salles au-dessus de la chapelle, où elle resta près de dix-huit ans, jusqu’à la suppression de l’Université.
Quand la loi du 4 décembre 1794 eut reconstitué la Faculté deMé-
(49) Commentaires , XXIII, p. G33.
Les Professeurs et Le. Bibliothécaire ,
decine sous le nom d’EcoLE de santé, les quinze mille volumes de Tancienne Faculté, réunis à ceux que possédaient la Société royale de médecine et le Collège de chirurgie, constituèrent le principal noyau de la bibliothèque actuelle.
De tous les ouvrages des anciennes Ecoles de médecine, il n’en est pas de plus précieux que les Commentaires.
Les Commentaires !! ... Qui a pu sans émotion feuilleter ces vingtquatre volumes qui sont toute l’histoire manuscrite de la vieille Faculté, depuis 1395 jusqu’en 1786 ? Qui a pu sans un religieux respect tenir ces incomparables annales, écrites de la main des centquatre-vingt-quatorze doyens qui se sont succédé à la tête de laCompagnie et qui y ont relaté tous les actes importants de leur administration ? Tout ce qui a vécu à la Faculté y a laissé une trace de son passage 5 presque tous nos aînés, des milliers de docteurs régents, y ont apposé au moins leur signature, qui se renouvelle chaque année, aux redditions de comptes du doyen. Des rayons spéciaux devraient être réservés dans la grande salle à cette histoire sacrée de potre Faculté, à ce livre d’or, qui est notre Bible, à nous ; ces vingtquatre volumes devraient occuper la place d’honneur, comme jadis l’Ancien de la Compagnie. Accessibles à tous et à toute heure, ils seraient là sous la sauvegarde du bibliothécaire, et ne seraient point exposés, comme ils le sont actuellement, à l’humidité ou aux dents des rongeurs, dans les arrière-salles de la bibliothèque.
Les six premiers volumes des Commentaires sont de format petit