‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 68 sur 128 · Chapitre septième · texte numérisé non relu

Chapitre septième

donna deux écus d’or pour acheter des chaînes en fer afin d’attacher les livrée aux tables, ad ligandos in burello libros cum catenis ferreis (38). 11 paraît que d’autres livres furent soustraits, car

à la date du 15 novembre 1555, on dut faire appel à la vigilance du doyen, et Nicolas Vigoureux demanda la rédaction d’un catalogue, qui se fit longtemps attendre.

Les acquisitions faites par la Faculté étaient bien minimes, et la bibliothèque était aussi pauvre que la Faculté elle-même, quand, en 1691, elle s’enrichit de la nombreuse bibliothèque que Pierre Michon-Bourdelot, abbé de Macé, médecin du grand Condé, avait léguée à son neveu Pierre Bonnet-Bourdelot pour la transmettre à la Faculté; ce qui fut fait à la condition qu’elle serait ouverte tous les jeudis aux étudiants (39). Mais, épuisé par les guerres, le trésor mettait des taxes sur tout, et la Faculté, trop pauvre pour faire face aux dépenses et redoutant les impôts nouveaux, n’accepta pas. Comprenant le motif du refus, Bourdelot fit à ses frais l’installation de la bibliothèque, ce qui lui coûta deux mille livres. Mais hélas! dit

(38) Synopsis, p. 101.

(39) Pierre Michon, né à Sens en 1610, neveu de Bourdelot, médecin de Louis XIII, autorisé à porter le nom de sa mère, Bourdelot; reçu docteur en 1642, médecin du prince de Condé et de la reine de Suède Christine, qu’il guérit d’une maladie grave ; obtint à la demande de cette dernière l’abbaye de Macé, h. la condition d’exercer gratuitement la médecine, mourut en 1685. 11 transmit le nom de Bourdelot au fils de sa sœur qui s’appela Bonnet Bourdelot.

Les Professeurs et le Bibliothécaire.

Bourru, personne n’ayant pris soin de cette bibliothèque, il n’en resta bientôt plus que le souvenir (40).

C’est de l’année 1733 que date la véritable origine de la bibliothèque. Un savant médecin, François Picoté de Bélestre, avait formé une riche et importante collection de livres. Docteur de la Faculté de médecine, il la légua par testament à Claude-Joseph Prévost, avocat au Parlement, afin de la laisser en son nom à l’un des établissements importants de l’Université (41). Prévost l’offrit à la Faculté de médecine dont Picoté de Bélestre était docteur. Le samedi 4 juillet 1733, la Faculté se réunit pour délibérer et accepta la donation de cette bibliothèque qui fut confiée à la garde du doyen (42). Philippe Hecquet, ancien doyen, légua à sa mort, en 1737, environ 1 400 volumes. H. -Th. Baron, doyen en fonctions, rédigea le catalogue en latin, en un volume in- 8°, conservé à la bibliothèque actuelle. D’autres donations furent faites par. la veuve d’un président à la Cour des aides, Amelot de Beaulieu, par le chirurgien Jacques, par Michel-Louis Reneaume de la Garanne, par Elie Col de Vilars et par d’autres docteurs régents dont les noms n’ont pas été conservés.

Les noms de ces généreux donateurs, qui ont été les véritables fondateurs de la bibliothèque de la Faculté de médecine, devraient être

(40) Bourru, Préface au catalogue.

(41) Voir l’extrait du testament dans le catalogue de Baron. (42 1 Commentaires , XX, p. 50.

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inscrits sur des tables de marbre, en témoignage de reconnaissance pour le passé, d’émulation pour le présent et pour l’avenir, Espérons que la génération actuelle, profitant de la reconstruction de la Faculté et de l’agrandissement obligé de la bibliothèque, réparera l’oubli de celles qui l’ont précédée.

Par un décret de 1737, la Faculté décida qu’elle nommerait à l’élection un docteur régent pour être bibliothécaire, fonction qui devait durer deux ans et pour laquelle le titulaire serait confirmé chaque année dans ses fonctions. Ses honoraires étaient fixés à trois cents livres, et l’homme de service ou appariteur qui lui était adjoint recevait cinquante livres (43). Jean-Louis-Livin Baude de la Cloye fut le premier bibliothécaire, et, malgré les statuts, il fut conservé dans ses fonctions jusqu’à sa mort, arrivée en 1748 (44). Dès son entrée en charge, Baude de la Cloye s’occupa de la rédaction du catalogue qui fut terminé en 1745. Tout étant prêt pour recevoir les travailleurs qui se présenteraient, médecins, étudiants, lettrés, la bibliothèque fut ouverte officiellement le 3 mars 1746, tous les jeudis, depuis deux heures et demie jusqu’au soir, à sesqui-secundâ ad vesperam, et une médaille fut frappée pour en perpétuer le souvenir (45).

A partir de cette époque la bibliothèque fonctionna régulière-*

(43) Commentaires , XX, p. 334. Statuts , art. 67, 68, 69.

(44) Commentaires, XXI, p. 258.

(45) Commentaires , XXI, p. 50.

Les Professeurs et le Bibliothécaire. 153

ment ; les bibliothécaires, élus un an avant d’entrer en fonctions, afin de s’initier au classement des livres, avaient pour mission de tenir le catalogue au courant des acquisitions, de conserver les précieux manuscrits confiés à leurs soins, et de communiquer aux travailleurs les ouvrages qu’ils demandaient. Quelques livres pouvaient être emportés au dehors, d’autres, tels que les thèses, n’étaient communiqués que sous l’œil et la surveillance du bibliothécaire.

Aux donations précédentes, il faut ajouter celles d’Helvétius qui, en 1755, laissa une partie des livres de sa bibliothèque (46), de J. -B. Winslovv*, de J. -B. Louis Chomel, de Louis-René Marteau, de J. -B. Boyer, de Liger.

Elu bibliothécaire pour 1771, Bourru, dès 1770, dressa un catalogue complet, en deux volumes in-folio, conservé à la bibliothèque actuelle et précédé d’une préface latine de quelques pages qui sert d’introduction historique (47).

On a vu qu’en 1775 (48) la Faculté de Médecine fut obligée de

(46) Hazon, Notice , etc., p. 212.

(47) Catalogus librorum qui in bibliothecâ facultatis saluberrimœ parisiensis asservantur, ordine authorum alphabetico digestus, curâ et studio M. Edmundi Claudii Bourru , ejusdem bibliothecæ præfecti; decano M. Ludovico Petro Felice Renato Le Thieullier. M, D. CC. LXX. — Bourru, né à Paris en 1741, bibliothécaire en 1771, élu doyen en 1786, mort en 1823. Il fut le dernier doyen de l’ancienne faculté.

(48) Chapitre I, p. 13.

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