‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 7 sur 128 · Chapitre premier · texte numérisé non relu

Chapitre premier

molisscur commença son œuvre. Deux ans après, s’élevait un amphithéâtre monumental que nous pouvons voir encore au coin des rues de la Bucherie et de l’Hôtel-Colbert, et construit aux frais des médecins, ainsi que le constate l’inscription. Si nous pénétrons dans la cour de notre ancienne Faculté, nous voyons à gauche, en entrant, la façade de ce monument, qui disparaîtra sans doute bientôt. Au-dessus de la porte d’entrée, on lit en lettres d’or, sur une plaque de marbre noir :

AMPHITHEATRUM

ÆTATE COLLAPSUM ÆRE SUO RESTITUE RU NT MEDICI PARISIENSES A. R. S. H. MDCCXLIV. M° ELI A COL DE VILARS DECANO.

Cette inscription est surmontée d’une grande fenêtre ovale. La frise dorique qui est au-dessus de cette fenêtre est divisée en cinq triglyphes, porte en relief deux cigognes emblématique et le rameau d’origan, une salamandre et un coq, toutes figures symboliques. Au milieu du fronton triangulaire est un écusson représentant les armes royales, les masses de la Faculté avec la devise urbi et orbi sains.

Le 18 février 1745. à 3 heures de l’après-midi, cet amphithéâtre, dont le diamètre mesure près de 10 mètres, fut inauguré par Jacques Bénigne Winslow, docteur-régent de la Faculté de Paris. L’amphithéâtre était de forme ronde et terminé par une coupole ; le pourtour était garni de gradins pour les étudiants. Huit colonnes doriques soutenaient une corniche sur laquelle régnait un balcon.

Les Bâtiments.

En 1775(14), le mauvais état des bâtiments, l’humidité occasionnée par les inondations de la Seine, forcèrent les docteurs-régents d’abandonner leurs vieilles écoles, qui comptaient plus de trois siècles d’existence, et de chercher dans le voisinage une installation plus convenable. C’est dans le logement laissé libre par les anciennes | Écoles de droit (15), rue Jean-de-Beauvais, sur l’emplacement occupé | par les nos 17 et 19, aujourd’hui démolis pour la rue des Écoles, que [ nos anciens docteurs-régents transportèrent leur enseignement offij ciel, en vertu d’un édit de Versailles, en date du 15 septembre 1775.

Toutefois, les démonstrations anatomiques continuèrent à avoir lieu ! dans l’amphithéâtre de Winslow.Le jour de l’installation est mémo- ! rable, c’est celui de la fête de saint Luc, patron des médecins, le 18 I octobre de la même année. L’occupation n’était que provisoire ; le logement était en mauvais état, puisque les Écoles de droit l’aban- ! donnaient. Pendant ce temps, l’Académie de chirurgie élevait sur j l’emplacement du collège de Bourgogne le somptueux local qui est la Faculté de médecine actuelle. En 1777, le doyen Charles Desses- ! sarts adressa au roi une requête pour'dui demander les bâtiments I de l'hôpital Saint-Jacques. Dans cette pièce curieuse, le doyen fait | au monarque le tableau de la pauvreté de la Faculté de médecine j qui, pour payer ses professeurs, son bibliothécaire, entretenir ses i bâtiments, n’avait de revenu fixe que mille écus, qu’elle recevait de l’Université et du fermier des postes. Elle n’avait d’autres ressources que les droits imposés aux étudiants. La requête fut sans effet. La

(14 '/Commentaires, XXIII, p. 131.

(lo) Par arrêt du Conseil du G novembre 1 7 G 3 , les Ecoles de droit avaient été j transférées Place du Panthéon, où est la Faculté d’aujourd’hui.

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