‹ L'ancienne Faculté de médecine de ParisChapitre 75 sur 128 · Chapitre huitième · texte numérisé non relu

Chapitre huitième

le jour des Saints-Côme et Damien, le 27 septembre 1601, fut admis comme membre honoraire de la confrérie, et ajouta à leurs armes une fleur de lis d’argent en abîme, c'est-à-dire au centre du blason.

Mais, à côté des chirurgiens qui visaient à l’omnipotence en chirurgie, la petite corporation des barbiers voulait se faire une place.

Dans le registre des métiers de la ville de Paris, on voit qu’au mois d’août 1301 il y avait à Paris vingt-neuf barbiers qui s’occupaient de petite chirurgie*, en 1364, il y en avait quarante, et plus tard leur nombre augmenta. Ils étaient environ trois cents en 1743.

En 1365, s’appuyant sur ce qu’ils étaient « envoïez querre par nuict à grant besoing, en deffault dez mires et surgiens » ils demandèrent et obtinrent l’exemption du guet.

Au mois de décembre 1371, les barbiers, qui avaient fait des statuts et s’étaient mis en confrérie sous l’invocation du Saint-Sépulcre, présentèrent ces statuts à Charles V, qui les approuva (6), et établit que le barbier et premier valet de chambre du roi serait garde et chef de toute la Barberie et Chirurgie du royaume, ce qui dura jusqu’en 1668. Le 3 octobre 1372 , Charles V régla les droits des barbiers «à l’application des emplastres, oignemens, bosses, apostumes, playes ouvertes. » Cet édit fut confirmé en mai 1385 (7).

(6) Ordonnances, etc., t. IV, p. 609,

(7) Ordonnances, etc., t. V, p. 440 et 530.

Médecins, Chirurgiens, Barbiers , Apothicaires, etc.

Mais il était bien difficile aux barbiers de se renfermer dans les limites qui leur étaient assignées ; ils dépassèrent un peu les bornes, au grand mécontentement des chirurgiens qui réclamèrent et obtinrent le 4 mai 1423 que les barbiers ne feraient plus de chirurgie. Ceux-ci firent valoir leurs statuts et gagnèrent leur procès le 4 novembre 1424. Les chirurgiens en appelèrent, et le 7 septembre 1425, le Parlement rendit un arrêt qui permettait aux barbiers les pansements des plaies, clous et bosses. Ils avaient également la pratique des saignées que la vanité des chirurgiens leur avait abandonnées.

Il n’était guère possible à deux corporations rivales de vivre côte à côte sans froissement ; une lutte était inévitable.

Lel3 décembre 1435, les chirurgiens jurés voyant avec dépit l’ingérence des barbiers dans la pratique de leur art, adressèrent une supplique à l’assemblée de l’Université pour lui demander de faire interdire l’exercice de cette profession à ceux qui n’avaient pas été examinés.

C’était le commencement des hostilités sérieuses.

Les médecins avaient de leur côté quelques sujets de mécontentement à l’égard des chirurgiens qui faisaient un peu de médecine. Les barbiers en profitèrent, et tentèrent un rapprochement avec les médecins. Quelque modeste que fût leur corporation, elle faisait nombre et pouvait faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

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