Chapitre huitième
Les barbiers étaient souples et bien disposés; ils postulaient depuis longtemps pour être instruits par les médecins. La Faculté se réunit et se chargea de leur faire des cours en français : Facultas permisit barbiton soribus ut unum è magistrisFacultatis sibi haberent qui Guidonem (Guy de Chauliac) aliosve authores chirurgicos prœlegerent ver bis familiaribus .
Au mois de janvier 1505, la corporation des barbiers parisiens obtint des privilèges royaux et forma la corporation des barbiers chirurgiens ou chirurgiens de robe courte. Ils jurèrent « estre vrays « escholiers et disciples de la dicte Faculté... honneur et révérence « porteront à icelle et continueront les leçons des Maistres lisans « comme vrays escholiers., » Ils s’engagèrent, comme on le voit dans les Commentaires, à ne point administrer « médecine laxative ou altérative », à prêter serment devant la Faculté, à s’y faire inscrire, à y payer l’inscription deux sous parisis, etc. Ils paieront en outre deux écus d’or pour les leçons, pour les messes, pour l’entretien de la chapelle. Un contrat fut passé entre le doyen Jean Loysel (Avis) et de Mondoucet, lieutenant du premier barbier du Roi. (8) Au XVIII0 siècle, ils ne payaient plus qu’un écu d’or, ou cent quatorze sous.
Le 11 mars 1577, à la suite de quelques discussions, un nouveau contrat fut passé entre les docteurs régents et les barbiers, qui reconnurent les docteurs pour leurs maîtres et supérieurs, promirent
(8) Commentaires, III, p. 589 et suivantes. Voir aussi le Recueil Thois, LXXI, f° 130, in-4, pièce.
Médecins , Chirurgiens , Barbiers , Apothicaires , etc. 171
de suivre leurs leçons pendant quatre ans et de n’en pas suivre d’autres. Après leurs cours d’études, ils devaient subir quatre examens, un chaque semaine, sur l’ostéologie, sur l’anatomie, sur la phlébotomie et sur la pharmaceutique, puis un dernier examen et le chef-d’œuvre suivi de la réceptionne tout sous la présidence du doyen et de deux docteurs régents qui donnaient leur suffrage, mais se dispensaient d’interroger. Les barbiers payaient comme droit de présence un écu sol au doyen et à chaque docteur régent, et soixantedouze sous et six deniers tournois à la Faculté. Une fois reçus ils se faisaient inscrire sur les registres de la Faculté.
A partir de ce moment, ce sont les barbiers que les docteurs régents appellent auprès de leurs malades, même pour des cures difficiles. Les barbiers firent d’immenses progrès dans leur art, méritèrent la confiance du public, arrivèrent même à la Cour, et prirent officiellement le titre de maîtres barbiers chirurgiens de Paris. Ils eurent même la prétention de soutenir des thèses, bien courtes, il est vrai, et en trois petits articles. Ambroise Paré appartenait à cette dernière corporation (9) et était depuis longtemps chirurgien du Roi quand il se fit recevoir maître chirurgien juré.
(9) Né à Avesnières, faubourg de Laval en 1517, fut d’abord barbier-chirurgien et devint premier chirurgien des rois Henri II, François II, Charles IX et Henri III, admis gratuitement au collège Saint-Côme en 1554, mort à Paris le 20 décembre 1590 et enterré le 22 dans l’église Saint-André-des-Arcs, au bas de la nef, près du clocher.