Chapitre neuvième
cours une foule innombrable d’étrangers de toutes les nations; Montpellier, par sa situation et son commerce, était le rendez-vous des Espagnols, des Italiens et des peuples du Levant. La Faculté de Montpellier devait ses premières connaissances médicales aux médecins arabes et juifs.
Si les rois de France avaient une plus grande prédilection pour Paris, ils ne négligeaient pas Montpellier qui comptait aussi de nombreux étudiants.
Charles VIII avait créé quatre chaires à la Faculté de Montpellier ; en 1498, Louis XII confirma cet édit qui attribuait en outre cent livres à chaque professeur. En 1561, Charles IX porta ce traitement à quatre cents livres et Henri IV, en 1596, l’augmenta encore de deux cents livres. En 1593, Henri IV y avait créé une cinquième chaire pour 1 enseignement de l’anatomie et de la botanique et en 1597 une chaire de chirurgie et de pharmacie. Le jardin royal avait été fondé à Montpellier en 1598, vingt-huit ans avant celui de Paris. Montpellier comptait encore, depuis 1610, deux docteurs remplissant les fonctions d’agrégés.
Pendant ce temps la Faculté de Paris n’avait que deux professeurs pour tout l’enseignement.
La comparaison était donc à peu près égale entre les deux Facultés. A Montpellier, les médecins étaient exempts de tailles, d’aides, d’octrois, de logements militaires, etc., et ils avaient aussi leurs
La Chambre royale et la Société royale de Médecine. 201
jours de fête, leurs statuts et leur patron qui était Saint-Luc, comme à Paris. Un article de leurs statuts défendait également l’exercice de la médecine à ceux qui n’étaient pas reçus à Montpellier. Les professeurs étaient nommés au concours depuis l’Edit royal de 1498 5 à l’aide des survivances on éludait quelquefois l’Edit, ce qui amena des réclamations en 1666 et un nouvel Edit en 1667 ; mais l’abus survécut.
A Paris, la Faculté était composée de tous les docteurs régens ; à Montpellier elle n’était constituée que par les professeurs qui étaient au nombre de huit en 1715 et nommés à vie depuis le milieu du xvic siècle.
Les études à Montpellier étaient presque aussi longues. L’étudiant devait être maître ès arts comme à Paris et, après la troisième année, il subissait l’examen du baccalauréat, suivi de quinze autres examens qui le conduisaient au doctorat. Les frais étaient moins considérables à Montpellier et les examen plus faciles.
Au point de vue des doctrines, Paris représentait la tradition hippocratique. La situation de Montpellier, ses relations commerciales avec le nouveau monde, l’esprit plus remuant et plus novateur de ses habitants devaient donner plus promptement l’hospitalité aux produits qui venaient de l’Amérique. Jusqu’à François I, les doctrines des Arabes avaient régné àMontpellier ; la Renaissance des lettres y transporta Hippocrate et Galien •, et le terrain semblait tout préparé pour le développement de la chimie qui y fit son appa-