DURANT LES PREMIERS SIECLES IX
et à sa table, et menait avec eux la vie commune. Que parmi eux plusieurs fussent jeunes encore et simples lecteurs, c'est ce qu'il n'eut que trop l'occasion d'avouer clans la malheureuse affaire cl*' Antoine, évêque de Fussula. Ce prélat, après être tombé dans de grands crimes, en avait appelé au pape. Saint Augustin écrivit au Souverain Pontife, en s'excusant de l'avoir fait évêque, lorsqu'il était lecteur chez lui.
« C'est moi, dit-il avec componction, qui ai présenté à ces fidèles, qui ne le demandaient point, un certain adolescent, nommé Antoine, lequel vivait alors avec moi. Je l'avais fait élever dès son bas âge dans un monastère ; mais en dehors de l'office de lecteur, il n'avait aucun ordre ni aucun ministère clérical. Les malheureux habitants de Fussula, ignorant ce qui leur arriverait, se confièrent trop à moi; et il fut leur évêque *».
Plusieurs fois, le saint docteur fait mention dans ses discours de jeunes lecteurs exerçant leurs fonctions dans l'église. Quelquefois ces enfants se trompaient de psaumes et c'était pour le spirituel évêque l'occasion de montrer son talent d'improvisation. « Nous sommes invités par Dieu lui-même, disait-il aux fidèles un jour que l'erreur avait été commise, à vous parler de la pénitence. Nous n'avions pas ordonné au lecteur de chanter ce psaume : mais Dieu a jugé bon que nous l'entendions, et il nous l'a imposé par la bouche de cet enfant 2 ». « Nous avions préparé un psaume court, disait-il une autre fois, et nous avions prescrit au lecteur de le chanter, mais puisque dans son trouble il en a choisi un autre, nous n'avons rien de mieux à faire que de ratifier son choix, tout erroné qu'il soit. »
Dans un autre endroit, saint Augustin montre clairement que ces jeunes lecteurs et chantres formaient une école.
' S. Aug. Ep. 209, en P. L., t. 33, col. 953. 3 S. Aug. Sermo 352, en P. L., t. 39, col. 1550.