‹ L'ancienne maîtrise de Notre-Dame de Chartres de V e siècle à la RévolutionChapitre 12 sur 101 · X LES ENFANTS ET L'OFFICE DIVIN · texte numérisé non relu

X LES ENFANTS ET L'OFFICE DIVIN

Faisant allusion à l'aveuglement de ceux qui changent le sens des Écritures : « Leur fallacieuse impudence , dit-il, est si évidente, qu'elle est remarquée même par les enfants qui, dans le degré de lecteurs, étudient les lettres d'une façon encore tout enfantine1 ».

Ces détails d'ailleurs concordent avec une inscription africaine du commencement du vie siècle, qui mentionne, au dire de M. de Rossi, un lecteur de cinq ans 2.

Tout le monde a lu dans Victor de Vite l'admirable conduite des lecteurs-enfants de Carthage, durant la persécution des Vandales (v. 484).

« Lorsque l'évêque Eugène eut été jeté en exil, écrit cet historien, tout le clergé de Cartilage fut décimé par le meurtre et la misère. Il comptait 500 prêtres et plus. Parmi eux on remarquait surtout les enfants lecteurs, qui, tandis qu'on les traînait au loin dans un cruel exil, se réjouissaient clans le Seigneur. »

Pendant qu'ils marchaient, survint un incident qui mit plus encore en relief la foi et le courage d'un certain nombre d'entre eux.

« Un certain lecteur renégat, nommé Theucaire, suggéra la pensée de séparer de la multitude des confesseurs, c'est-à-dire, des clercs de Carthage, une douzaine de ces enfants, qu'il savait doués de belles et fortes voix et très habiles aux mélodies musicales. Il les désigna lui-même, parce qu'il les avait eus autrefois comme élèves, du temps qu'il était catholique. On accéda aussitôt à son projet, et on les lui remit : mais on fut obligé de recourir à une violence barbare pour les séparer de leurs compagnons de route. On les sépara de corps, mais non de cœur, de la troupe des saints. Ceux-ci, craignant l'apostasie pour ces enfants, suppliaient, avec soupirs et larmes, qu'on ne les éloignât point d'eux, et

' S. Aug. De consens. Evang., 1. I. cap. 10, m> 15, en P. L. t. 34, col. 1049. 2 Bulletin, 1883, p. 20, 21.

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