II LES ENFANTS ET L OFFICE DIVIN
En effet, presque partout, en Occident et en Orient, surtout après la paix de Constantin, nous voyons des enfants honorés de l'office et généralement du titre de lecteurs, de chantres, et même d'acolythes ; nous les voyons de plus groupés, dès leur bas âge, dans des écoles préparatoires, à l'ombre des églises auxquelles ils étaient attachés, sous la garde et la direction de l'autorité ecclésiastique.
Ce sont ces écoles que nous voudrions signaler, parce qu'elles furent les ancêtres de nos Maîtrises. Toutefois, nous ne pourrons guère que constater leur existence. D'une part, leur origine reste encore enveloppée de ténèbres ; d'autre part, leur fonctionnement spécial, surtout pour les temps qui suivent le vie siècle, temps où les détails sont plus abondants, nous entraînerait trop en dehors de notre sujet. Nous n'avons pas d'autre but, en tentant cette esquisse d'intérêt général, que de montrer à quel ensemble, à quelle catégorie d'institutions cléricales et lévitiques, se rattache celle à laquelle ce livre est tout entier et exclusivement consacré.
C'est à Rome, comme on s'en doute, que se découvre le plus tôt et le plus nettement la trace de cette organisation. Elle se reconnaît dans le lectorat.
« Les lecteurs, dit M. Duchesne, que nous suivons ici pas à pas ', figurent dans les documents romains très fréquemment. La série de leurs ôpitaphes commence dès le 11e siècle, par des monuments probablement antérieurs à Tertullien, le premier auteur qui les mentionne. » Le Liber Pontiûcalis, indique aussi des lecteurs sous Sixte II (257-258) et sous Gaius (283-29G). Mais ceux-ci n'étaient pas tous des enfants : l'un d'eux, Claudius Atticianus, était même marié. Il en fut autrement dès le ivc siècle. A cette époque, le lectorat « était par excellence l'ordre de début et de probation. C'est par lui que commençaient les jeunes clercs ; ils demeuraient lecteurs jusqu'à
1 Origines du culte chrétien, Paris, 1889, Ire éd. p. 334.