LES HABITS ORDINAIRES DES ENFANTS DE CHŒUR
était payée pour cela en plus. Le blanchissage était fait par les Sœurs de Sous-Terre ou leur domestique, qui lavaient déjà les habits de chœur.
Les petits Maîtrisiens continuaient à porter des petites robes, les plus grands seuls étaient honorés de culottes. Ces habits intimes furent l'objet de délibérations capitulaires. Le chancelier Brillon, en 1723 l, déclara dans une assemblée que « l'usage et les statuts n'accordaient des culottes et des jupins (sic) qu'aux quatre grands, qu'il serait à propos, pour entretenir les six petits proprement et sainement et pour les changer, de leur accorder les mesmes vestements doubles qu'aux grands, sauf à ménager ce qu'on pourrait de leurs vieilles robbes comme par le passé. » Les petits durent être heureux de porter culottes comme leurs aînés aux frais des chanoines.
Les bas étaient reprisés, en 1789, par la demoiselle Hamond, qui touchait pour cela 72 livres par an - : ils étaient sans doute entretenus auparavant par d'autres personnes comme elle. Quant aux souliers, des cordonniers et des savetiers attitrés les fournissaient et les raccommodaient ou les raccoutraient , comme on disait alors. Les Comptes nous donnent leurs noms et leurs prix 3. Les chaussures n'étaient pas aussi chères qu'aujourd'hui ; mais cependant, elles devinrent de plus en plus coûteuses. Le cordonnier de 1597, Pierre Doulge, demandait 20 à 24 livres par an pour dix ou douze paires de souliers, soit environ 40 sols la paire. Celui de 1667 prenait 60 livres,
s G. 388, f. 111 ; G, 389, vers la fin.
li'-i LA MAITRISE DE CHARTRES
celui de 1726, 80 livres, et celui de 1789, 130 livres. La progression avait monté très vite pendant le xvme siècle. François André, après cinquante ans de service, à 60 livres par an, avait sollicité une augmentation ; on lui donna 10 livres de gratification, mais on le changea. Son successeur, en 1726, se contenta à grand'peine de 80 livres. En 1789, on ne put pas trouver de cordonnier à moins de 130 livres : encore fallait-il payer 8 livres toutes les paires de souliers extraordinaires *.
C'était encore le clerc de l'Œuvre qui faisait tous les marchés avec les cordonniers et avec les différents fournisseurs, qui veillait à leur exécution, et les soldait. D'ailleurs, il rendait compte aux Commis et au Chapitre de sa gestion.