IV LES ENFANTS ET L OFFICE DIVIN
L'usage de Rome était d'ailleurs observé dans toute l'Italie. Saint Félix de Nole; au dire de saint Paulin,
. . . primis lector servivit in annis i .
Saint Epiphane, de Pavie (446), d'après Ennocle, son historien, remplit l'office de lecteur pendant huit ans, et se forma si bien pendant ce temps aux lettres et à la vertu, qu'à seize ans il était sage comme un vieillard 2.
Le diacre de Fiesole, Messius Romulus, saint Eusèbe de Verceil, commencèrent de même par le lectorat. A Milan, il y avait aussi de jeunes lecteurs sous Saint Ambroise : car cet évêque prit un jour son texte dans un passage que le Saint Esprit, disait-il, avait exprimé par la voix du petit lecteur, per vocom lectoris parvuli Spiritus sanctus expressit 3.
« De bonne heure, dit encore M. Duchesne, on forma ces jeunes clercs en corporation, la schola lectorum, dont l'existence à Rome n'est attestée, il est vrai, par aucun document direct. » Quelques-uns de ces clercs peut-être demeuraient chez eux, comme ceux dont le pape Silvestre dit qu'ils étaient accompagnés au Concile par leurs parents, ou comme celui qu'une inscription de 377 montre décédé à quarante-six ans. De plus, ils étaient trop nombreux pour être tous renfermés : le Constitutiun Silvestri n'en mentionne pas moins de 90 pour Rome. Mais il est probable que, de bonne heure, on retint à part ceux qui avaient besoin d'une préparation continue et difficile, tels que les chantres. Dès le ive siècle, en effet, à Rome et à Milan, il y avait des jeunes gens spécialement affectés au chant. Saint Jérôme, parlant de la vraie manière de chanter dans l'église, se tourne vers des adolescents : audiant hoc adolescentuli, dit-il, audiant hi quibus psallcndi in Ecclesia ot'ficium est ; et saint Augustin, se rappelant la psalmodie de
1 S. Paulin, Natal. IV, v. 10, en Migne, P. L., t. 61, col. 470.
2 Sa Vie, par Ennode, Hartel, p. 332. — Bolland. A. SS. II Jan. 728, éd. Palmé. 8 S. Ambros. P. L., t. 16, col. 1309.