DURANT LES PREMIERS SIECLES V
Milan, s'écrie : « Combien j'ai pleuré en entendant les hymnes et les cantiques. » Nous avons vu plus haut Ambroise parlant d'un lecteur enfant qui chantait les psaumes.
Quoi qu'il en soit, la schola cantorum apparaît nettement dès le vif siècle. Jean Diacre en attribue la fondation à saint Grégoire. « Il institua1, dit-il, l'école des chantres qui module encore dans l'Église romaine selon ses enseignements. Il lui assigna diverses propriétés et lui fit bâtir deux demeures, l'une aux pieds des degrés de la basilique de l'apôtre Pierre, l'autre près du palais patriarcal de Latran. On vénère aujourd'hui le lit sur lequel il reposait en donnant ses leçons de chant, le fouet dont il menaçait les enfants, et son antiphonaire authentique. » L'école que saint Grégoire forma n'était sans doute qu'une transformation de la schola leciorum 2 ; mais on lui en fit honneur, parce que ce fut à partir de son temps que, l'office propre des lecteurs n'ayant plus d'objet, et la cantilène liturgique ayant atteint un développement plus parfait, cette vieille école se réduisit exclusivement au chant et s'y adonna avec plus de soin et de succès.
La schola cantorum compta de suite et dans les siècles qui suivirent d'illustres élèves. C'est là que le pape Deusdedit (Gl 5-618) fut nourri et apprit les hymnes des Vigiles, que Léon II (682-683) fut initié tout jeune au psautier et à la cantilène (cantilense psalmodia prœcipuus) , que le pape Sergius (687-701) fut confié au prieur des chantres, parce qu'il était bien doué pour le chant (quia studiosus orat et capax in officio cantilenœ priori cantorum pro doctrina est traditus). C'est là aussi que passèrent Jean Diacre, qui fut clerc à dix ans, et Eugène Ier, qui le fut dès le berceau, a cunahulis. Le pape Sergius (847) y fut certainement placé par Léon III. Il y apprit les lettres et « les mélodies harmonieuses du chant »
1 Vie de saint Grégoire, II, 6, en Migne, P. L., t. 75, col. 90.
2 P. Batiffol, Histoire du bréviaire romain, Paris, 1895, p. 51-54.