LA CHEVAUCHÉE DES ENFANTS
encore icy le Recordare... Ab hac familia, etc., qui est au même endroit. Il y a véritablement de l'harmonie et de la rime, mais c'est tout. Votre Aile curn trepudie, me paraît venir de la même boutique que la prose de l'âne. Je leur donne le xme siècle pour époque, et je suis persuadé que votre savant évêque Fulbert n'aurait pas laissé produire une telle pièce de son temps. J'ay toujours été d'avis que ce prélat fournissait les paroles et que c'étoit Harbert ou Herbert, célèbre musicien de Chartres, qui les mettait en chant. \J Ad nutum, le Stirps Jesse et le Solem justiciœ sont trois pièces impayables composées dans votre ville. J'ay fait admettre icy (Auxerre) le chant de Chorus novœ Jérusalem, que nous n'avions pas et qui vient aussi de votre ville; nous le chantons à Laudes toutes les fêtes des Evêqùes. Il paroit assez tendre pour convenir aux paroles qui représentent l'amour tendre et affectionné d'un pasteur envers ses brebis. (Voir les chap. VII et VIII.)
La Chevauchée de 1638.
REGISTRES CAPITULAIRES
13 juillet 1658, f. 353. — En enthérinant la requeste de l'un des enfants de chœur pour et au nom des autres ses compagnons, et des heuriers et matiniers de l'Eglise. Chapitre leur a permis de faire la Chevauchée, néantmoins avec la modestie et honnesteté requise, et a fait deffense aux heuriers et matiniers de porter autres habits que de couleur noire sans panaches et autres ornements contraires ou répugnants à leur condition.
F. 355 v°. — M. le Sous-Doyen, promoteur du Chapitre, aiant représenté qu'il a esté adverty que, hier sur le soir, un chantre estant à cheval revenant de Beaulieu, a commis tant d'excès et d'insolences que tous ceux qui les ont vus et ouis s'en sont scandalisés, comme aussy que cette nuict les deux grands enfants de chœur n'ont couché à la Maîtrise et dict-on qu'ils s'en sont fuis. — Chapitre ordonne qu'il sera informé du scandale commis par ledit chantre, et que lorsque les enfants seront de retour, qu'il sera advisé à leur punition : cependant a esté enjoint d'en faire perquisition.
F. 356 v°. — M. le Soubz-Doyen dit que, depuis l'évasion des deux enfants, l'on n'en a rien appris, sinon que le bruit que ça été par le moyen de suscitation de leurs parents qu'ils s'en sont fuis ; sur ce a esté ordonné que le Maître de la psallette rendra sa plainte de la dite évasion au maire de Loens qui en informera.
21 août, F. 364 v. — Pierre Poulain dict Cabaret, enfant de chœur, prie d'estre excusé de la faute qu'il a commise de s'estre évadé de la Maistrise, et demande pardon , et se présente pour servir en qualité de haute-contre. — Chapitre, aiant sur ce délibéré, a ordonné que présentement il sera conduict à la Maistrise, où il sera fouetté et rasé en présence de Mrs les commis à l'Œuvre, y reprendra l'habit d'enfant de chœur et demeurera en icelle tant qu'il plaira à Mrs, après lequel temps sera ordonné à sa récompense.
F. 369. — Jehan Arnoux, enfant de chœur, présente requeste par laquelle il demande pardon de la faute qu'il a faicte d'estre sorti de la Maistrise sans congé, dont il se repent , et prie Mrs aiant égard à sa pauvreté de luy donner la récompense accoustumée, affin d'avoir moyen d'apprendre quelque art pour se rendre capable de servir quelque jour dans l'Eglise.
Lecture faite, ordonné qu'il sera "présentement mené à la Maistrise où, en présence de Mrs les Commis, il sera rasé puis rudement fouetté par le Maître, les autres enfants de chœur présents, y couchera, et demain congédié et mis hors du service de l'Eglise : quand à la récompense, qu'il luy donne un habit noir complet et la somme de 100 livres qui sera mise entre les mains de celuy qui luy monstrera à jouer de quelque instrument convenable à sa vocation. (Voir plus haut, p. 117).
Sur l'introduction définitive de la contre-basse.