XXXI. — Les vitraux de l'enfant de chœur
ANNEES L'Épitre farcie des SS. Innocents, chant du
xIu° siècle et remarques de dom Pothier, abbé de Saint-
Wandrille .
les prions d'agréer l'assurance de notre profonde sym- » pathie.»
M. Félix de GRÉSIGNY
Bénigne-Félix Routy de Grési Signy est nc à Beaune, le 9 octobre 1825, et c'est à Beaune que la mort est venue le surprendre, le 20 avril 1891, alors que rien ne pouvait faire prévoir une fin si prochaine. Il appartenait à une ancienne et très honorable famille de notre ville. Par sa mère, 1l descendait d'Etienne F; ion, le collaborateur bien connu de Gaspard Monge
Il fit ses études au collé ège de Beaune et au Petit Séminaire d'Autun: mais à peine étaient-elles terminées, que sa mère, devenue veuve, le rappela auprès d'elle dans sa ville natale qu'il ne devait plus quitter.
Dans cette fin ce siccle où chacun se déplace avec une
étonnante facilité et semble prendre au sérieux cette boutade d'un homme d'esprit :«Le bon heur ici bas consiste dans la plus grande somme possible de locomotion », Jé vous étonnerai tous, en vous disant que notre collègue avait toujours de la peineàse décider, lorsqu'il était question pour lui de perdre de vue le clocher de Notre-Dame : aussi, comme
| l’aimait sa ville natale, comme il connaissait son histoire
ne
dans ses moindres détails, comme il applaudissait à la restauration de ses monuments et de ses promenades publi-
ques, comme 1l était animé du désir de se dévouer à ses atérêts !
Administrateur de la Caisse d'épargne aux premiers jours de sa fondation, il fut, pendant de longues années,
membre du Bureau de bienfaisance. Personne mieux que Jui ne connaissait les pauvres de notre ville; personne mieux que lui, avec de modestes ressources, ne savait leur venir en aide; aussi, Messieurs, éprouva-t-il un orand chagrin en se voyant fermer, après plus de vingt dns de services, la porte de, la Chambre des pauvres ; mais, pour ne pas rester un citoyen inutile, il conserva jusqu'à la fin les modestes fonctions de commissaire répartiteur.
Depuis plus de quinze ans, il était des nôtres et nous l'avons toujours compté parmi les membres assidus à nos séances et parmi nos plus généreux donateurs. I faisait aussi partie de la Société des anciens élèves du collège. =
Petit-fils et petit-neveu de collectionneurs bien connus, ‘| conservait avec un soin jaloux quelques épaves de ce fameux cabinet Routy dont la réputation s'étendait bien au dela des limites de notre province et dont le sort fut celui de presque toutes les collections particulières : partagé, morcelé, vendu, il finit par disparaitre. Félix de Grésigny attachait un gran d prix aux quelques tableaux de maître, aux belles gravures, aux livres rares qui lui venaient de son grand-oncle et de son bisaïeul ; mais ce qui lui tenait le plus au cœur © tait sa petite collection bourguignonne. Parmi les pièces Les plus intéressantes dont elle se composait, Je pourrais citer soixante lettres de Monge à son ami Fion. L'illustre fondateur de l'Ecole polytechnique était alors professeur au collège de Mézières. et cette correspondance pourrait être utilement consultée par celui qui voudrait écrire la biographie complète de notre savant
compatriote. Je pourrais citer encore deux charades d'Ar-
mand Gouffé illustrées par un autre de nos compatriotes : Charles Maritoux. Ce sont les débuts de ce jeune dessinateur au crayon si fin, si spirituel et si naïvement vrai. C'est dans ce petit trésor que Félix de Grésigny avait puisé, pour nous donner les douze magnifiques thèses qui décorent les murs d'une salle de notre petit musée.
Je croirais, Messieurs, vous avoir fait de notre collègue un portrait trop peu ressemblant, si je ne vous conduisais pas dans son atelier, où il passait la plus grande partie de sa vie, où, tout en devisant avec ses amis qui connaissaient bien ce local, il fabriquait ces merveilleux coffrets de marqueterie et tant d’autres charmants ouvrages, pour les loteries de charité de notre ville. Forgeron, ébéniste ama-
teur, il était surtout l’ébéniste et lé forgeron des pauvres.