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Cet exemple montre que les chanoines de Chartres prenaient les voix qui leur convenaient, partout où ils les trouvaient, dans toutes les conditions, dans tous les pays. De 1688 à 1727, ils admirent les deux Marais, fils du maître de musique de Caen, Borel, Petillau et Thienot, fils de musiciens ordinaires du roi. Ils acceptèrent aussi Sauvé, fils d’un maître d'école, Margat, fils d’un capitaine au régiment de Grancey. Les autres, sur 26 reçus dans cet intervalle, étaient fils de laboureur, de vigneron, de portefaix, de cuisinier, d’hôtelier, de vannier, de tailleur d’habits, de maître-serge, de tondeur de draps, de marchand de soie, demaître-cardeur, de peigneur, decharpentier, de parcheminier, d’imprimeur, de maître-convoyeur. Les orphelins n'étaient point écartés. L'un de ces petits n'avait plus que sa mère très pauvre; en le prenant le Chapitre accorda des secours à cette femme malheureuse. Un autre était si dénué de tout en arrivant qu'il dut lui voter d’urgence des chemises.
Quant au pays d’origine, jusqu’au xvu° siècle, les chanoines trouvèrent presque exclusivement dans Chartres et ses environs leurs enfants de chœur. Au xvu° et au xvur siècle, où ils se préoccupaient davantage de la voix, ils les recherchèrent dans des contrées plus éloignées et surtout dans les villes; les villes sont en effet plus riches en gorges délicates et en talents musicaux que la campagne. Ils les firent venir de Châteaudun, de Courville, de Janville, de Senonches, d’Epernon et surtout du Drouais. A la fin du xvir siècle, Dreux, Vernon,
Vernouillet, Nonancourt, leur fournirent de nombreuses
recrues. Au xvin° siècle, ils en appelèrent même de dio-
cèses étrangers, de Rouen, de Caen, de Sées, d'Evreux, de Montreuil-Bellay, de Bordeaux, de Pithiviers, d'Etampes, de Versailles, de Saint-Germain-en-Laye, et principalement de Paris. De 1742 à 1750, Paris n’en envoya pas moins de six. Le dernier qui fut reçu par le Chapitre en 1789, le petit Humbert, était parisien. Cette fécondité s'explique par la présence à Paris, pendant ce siècle, de plusieurs maîtres de musique, originaires de Chartres, lesquels étaient heureux de témoigner leur amour à leur église d’origine par l’envoi de jeunes artistes.
Le nombre de ces jeunes Maîtrisiens dont les documents nous ont conservé les noms est considérable, et nous en donnerons la liste en appendice. Nous relaterons aussi. quand le récit nous y amènera, les traits généraux ou par-
ticuliers de leur histoire.
Nous parlerons semblablement, à l’occasion, de deux autres catégories d'élèves, qui s’assirent quelque temps à leurs côtés, mais n'appartinrent qu’accidentellement à la Maîtrise. Nous voulons dire: d’une part, les chanoines
ou ecclésiastiques qui furent de temps à autre envoyés
près de leurs maîtres pour parfaire leur instruction dans
le chant liturgique, et d'autre part, les écoliers laïques, externes ou pensionnaires, toujours payants, qui sollicitèrent, du xIV® au xv siècle, la faveur de faire leurs études littéraires avec eux, à cause de la réputation de leurs professeurs. De ceux-ci, il sera naturellement question dans le chapitre des maîtres de grammaire; ceux-là trouveront leur place, lorsqu'il s'agira de l’enseignement
de la musique à la Maîtrise,
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