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geot recommanda Bachelier, maître de musique à Angers. Rousseau, de la Cathédrale de Beauvais, Hérissé, de celle de Meaux, le maître de celle d'Evreux, se portèrent candidats par lettres. On aurait voulu Hérissé, diacre du diocèse d'Orléans; mais les chanoines de Meaux le retinrent'.
Alors on invita Michel Delalande, né en 1745, clerc du diocèse d'Angers, maître de musique de Soissons. C'était un descendant du fameux maître de chapelle de Louis XIV. Enfin la Maîtrise posséda un maître qui demeura longtemps à sa tête. Appelé le 19 août 1761, Delalande ne se retira que le 25 juin 1785. Il n'eut, d’ailleurs, qu'un conflit avec les Commis à Œuvre; c’est lorsque, le 18 août 1764, il voulut lire aux chanoines un mémoire sans l’avoir d'abord fait approuver par eux. « Sur quoi M. Degach a observé, en présence dudit maître de psallette, qu'il aurait dû, au préalable, communiquer son mémoire à MM. de l'Œuvre, pour qu'il fût par eux approuvé et présenté ; et sur les plaintes faites par MM. de l'Œuvre contre ledit maître de psallette, de ce qu'ilne leur faisait aucune part des fautes commises dans ladite Maîtrise ny aucun cas de leur avis, ledit sieur Degach, ancien chanoine, à requis que le mémoire cy-dessus fût remis audit maître de psallette pour être par luy présenté à MM. les Commis à l'Œuvre, et qu’à la diligence des dits sieurs Commis, lecture fût faite des règlements audit maître de psallette, et singulièrement des articles de règlement
concernant la police de la Maîtrise, avec injonction audit
1 Hérissé fut chanoine semi-prébendé d'Orléans en 1790, et chanoine honoraire après le Concordat. Voir Maütrise d'Orléans, par M. l'abbé Pelletier, p: 11.
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maître, tant en leur nom qu’au nom de la Compagnie, de s’y conformer de point en point. »
Ce fut le seul nuage entre le Chapitre et Delalande. Douglas, qui se plaignit, le 11 juillet 1767, d’en avoir reçu de mauvais traiteménts, fut renvoyé avec son père, accusé de l'avoir excité, On lui accorda, le 9 janvier 1768, une augmentation de traitement. Il ne se retira que forcé par les infirmités. « Le 25 juin 1785, M. Delalande.
maître de psallette, étant entré, a représenté à la Compa-
gnie que, depuis plusieurs années, il est sujet à des étourdissements et faiblesses de nerfs considérables, incompatibles avecles obligations de maître de psallette qu'il remplit depuis près de 24 ans,a prié la Compagnie d'accepter sa démission, et l’a remerciée de toutes les bontés qu’elle a eues pour lui pendant ledit temps. » On le pria de rester à la Maitrise jusqu’à l’arrivée de son successeur, ce qu'il accepta volontiers, et pour sa retraite, on lui conserva son canonicat de Saint-Piat, et on lui fit une rente de 9 livres par semaine. Il garda toutes ces allocations jusqu'à la Révolution et celle-ci lui fit au début une pension équivalente !.
Sitôt que son départ fut connu, le maitre de musique des Saints Innocents, à Paris, présenta celui d'Evreux. On prit des informations sur ses talents. Elles durent être bonnes, car bien qu’on eût reçu, le 8 août, des lettres de
différents maîtres de Cathédrale, on se décida dès le
1 Il fut ensuite enfermé aux Carmélites le 4 septembre 1792, accusé d’avoir favorisé l'évasion de dix laboureurs et ouvriers vendéens, transféré à Rambouillet. On confisqua son mobilier, ses livres et cahiers de musique, dont la vente produisit 2.774 livres 5 sols.
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13 août pour celui d'Evreux, Pierre-Louis-Augustin Desvignes, clerc tonsuré du diocèse de Dijon. Ce fut le dernier maître de musique avant la Révolution. Il paraît s'être acquitté dignement de sa charge. Plusieurs fois malade en 1786, 1788 et 1789, il fut suppléé par Delalande. Nous avons encore le montant de ses gages et les mémoires qu'il présenta pour les répétitions des musiciens. Peut-être suivit-il les idées modernes ? deux fois on dut lui interdire d’aller aux concerts qui se donnaient à l’Hôtelde-Ville. Il resta maître jusqu'en 1793. Nous verrons, dans un chapitre spécial, comment il fut traité par la Révolu-
tion.
Cette longue dynastie de maîtres est vraiment curieuse. Nous l’avons donnée tout entière parce qu’elle nous fait mieux comprendre la vie musicale d'alors ; elle est, de plus, fort complète. Et il serait à souhaiter qu'on la dressât de même pour toutes les Maïîtrises de France. C’est ainsi seulement que l’on connaîtrait la véritable histoire de la musique dans notre pays pendant les derniers
siècles.
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