‹ L'Ancienne maîtrise de Notre-Dame de Chartres du Ve siècle à la RévolutionChapitre 49 sur 153 · CAT AA · texte numérisé non relu

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enfant de chœur dès l’âge de 10 ans à Reïms, était allé au séminaire après ses humanités, s'y était fait ordonner prétre, et était resté maître de musique dans sa Cathédrale, pendant 40 ans. Il fit plusieurs œuvres musicales. En 1759, il revit le plain-chant du diocèse. Il se peut qu’en 1753 il ait pensé quitter le Chapitre de Reims : car il sollicita de celui de Chartres un mois pour délibérer. Mais il se ravisa, et manda, le 20 décembre, qu'on n’eût pas à compter sur lui. Peut-être avait-il été instruit du sort de ses prédécesseurs ?

En prévision de cette réponse, le Chapitre, qui frappait à plusieurs portes à la fois, s'était déjà tourné vers Jean- Baptiste Claude Patte, prêtre du diocèse de Marseille, et maître de musique à Saint-Jean-en-Grève, de Paris. Il’avaitentendu le 15 décembreetlenomma le 20. Bien que la Maîtrise eut été gouvernée pendant toute la vacance par Milcent, maître de grammaire, elle était aussi troublée que jamais. Patte se heurta aux mêmes difficultés que ses confrères. En 1755, on se plaignit encore que les enfants étaient inexacts, que, le jour de la Pentecôte, ils n'étaient pas arrivés à temps pour chanter les versets de None, que le maître battait la mesure de son stal, ce qui était contre l'usage. On remarqua plus tard qu'il était peu assidu à Matines. Patte, fatigué, se retira, au bout de trois ans, le 26 juin 1756.

Et la chasse aux maîtres de musique recommença. Le 28 juin, le Chefcier lut une lettre de Goulet, l’ancien maïitre de musique de Chartres, pour lors maître de musique

à Notre-Dame de Paris, qui proposait, pour la succession de

Patte, M. Demongeot, maître de musique à Saint-Gatien de

Tours. Le Chefcier présenta aussi Godard, maître au Mans, Trabouillet, maître à Saint-Dié, de Lorraine. Tous les trois étaient d’anciens enfants de la Maîtrise, devenus maîtres à leur tour. Godard y était entré en 1730. Trabouillet, entré en 1731, et, depuis, maître de Saint-Dié, venait de briguer, sans succès d’ailleurs, la Maîtrise de Rouen contre Pelisson et Duluc. Demongeot leur fut préféré à tous deux. Originaire du diocèse de Dijon, il était venu à la Maîtrise en 1723, et en était sorti en 1734. Quand ilrevint à Chartres, ilavait déjà composé des œuvres musicales. Le 28 novembre 1757, il entra au Chapitre et offrit aux chanoines un recueil de messes « comme un gage de sa reconnaissance de sa première éducation. » Les chanoines en acceptèrent la dédicace et prièrent MM. de l'Œuvre de chercher la gratification qu’il convenait d'accorder à l’auteur. Elle fut de 288 livres qu'on lui versa le 3 février. Sous sa direction et celle de Milcent, maître de grammaire, qu'il avait obtenu de-prendre en pension, la Maîtrise prit une meilleure allure. Lorsqu'il rendit ses comptes, le 31 janvier 1761, on lui accorda 150 livres d'augmentation. Néanmoins, il donna sa démission le 6 juin, mais c'était pour aller à Notre-Dame de Paris, où il fut installé, le 13 avril, à la place de Goulet. Le 15 avril, il en avait prévenu officiellement le Chapitre et l'avait remercié de ses bontés. IL fut nommé, en 1771, vicaire de Saint-Aignan, etcéda la placeà Dugué,en 1780: il vivait encore à Paris en 1785.

Il fallut encore se mettre en quête de maîtres pendant que Milcent gardait les enfants. Pollio, maître de musique

de la Sainte-Chapelle de Dijon, offrit ses services. Demon-

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