C. — Chants à différentes autres messes
Plusieurs fêtes reçurent un accroissement de solennité. Guillaume le Houie (1628) demanda que, le Vendredi-Sannt, après l’Adoration de la Croix, deux enfants chantassent seuls au milieu du chœur, le Domine, non secundum ‘, avec les deux couplets suivants. Etienne Lhomme (1505) fournit une somme pour que la messe de Sainte Catherine, à laquelle il était dévot, fût suivie d’un motet exécuté par les enfants dans la nef, devant son autel et son image, et son legs fut confirmé et augmenté par son neveu Michel Bart, en 1549 ?. La messe de Sainte Cécile se chantait en musique depuis le chanoine Clichtoue. Guillaume le Houic désira qu'ensuite les enfants y chantassent, avec accompagnement d'orgue et à son intention, un Libera et un De profundis *. Ce Guillaume le Houic faisait cette fondation parce qu'il avait été, dans sa jeunesse, enfant de chœur de Notre-Dame. Jusqu'à la Révolution, la Sainte- Cécile fut fêtée solennellement #. Il y.avait symphonie en son honneur, même quand elle était transférée, et on permettait aux laïques d'y prendre part. Vincent Jolliet, en 1646, pria le Chapitre de faire solenniser chaque année la fête de son patron par une messe en musique, à la fin de laquelle les enfants chante-
raient un De profundis, à l'intention de leur ancien maître
1 G. 1479 et 41488.
2 G. 134, 10 août, f. 290 et 295 v.
R, C., 1733, 93 nov. — G. 555, 558.
quand il serait mort. Il y avait encore deux autres messes où les enfants faisaient de la musique : celle de Saint-Piat dans la chapelle de ce Saint où Le Chapitre assistait, et celle de Sainte-Foi (1781) !.
D. — Chants aux processions fondées avant ou après
la messe du jour
La grand'messe était presque tous les jours suivie ou précédée de processions : mais il y en avait aussi de fondées ou d’occasionnelles dans lesquelles les enfants étaient appelés à chanter.
En 1557, Noël Tison fit un legs pour celle qui avait lieu avant la grand’messe de la fête de la Conception, célébrée le 3 ou le # septembre. Avant de partir, des chanoines en chape de soie et des enfants debout devant l'aigle devaient entonner en plain-chant le répons: 0 virgo virginum : deux chanoines le continuaient et le faisaient suivre de la prose: Præter rerum ordinem; mais les enfants reprenaient trois fois en faux bourdon les mots : Mater ave, et l’on partait ensuite : ce qui devait être d’un très bel effet.
Au xvi° et au xvu° siècles, on prescrivit aussi beaucoup de processions, soit en réparation de sacrilèges, soit pour les malheurs publics, soit pour la santé du roi. Toutes finissaient ou commençaient par un répons ou une
antienne, que quatre enfants chantaient à genoux, au milieu
41 G. 553, 8 octobre,
du chœur ou devant le jubé, un cierge blanc à la main, tout le clergé étant prosterné.
En 1320, Wastin des Fougerais, sous-chantre, fonda à la station dans la nef, avant la grand’messe, le répons : Sancti et Immaculati, « qui se dit ès Matines de Noël, après lequel deux enfants de chœur diront le verset: Ave Maria! ».
En 1524, quand le protestant Raoul Greslet eut renversé et brisé une statue de Notre-Dame, la procession réparatrice S’arrêta auretour dans la nef, et quatre enfants de chœur, à genoux avec un cierge blanc, entonnèrent le Gaude Maria et son verset: Recordare*.
De même, en 4553, le 14 juin, à la procession qui fut faite par ordre du Roi dans la haute ville avec le Saint- Sacrement. Au retour, l’ostensoir fut déposé sur un reposoir dans la nef devant la Vierge du jubé, et quatre enfants de chœur, à genoux, un cierge à la main, chantèrent le trait: Domine, non secundum*.
Il y eut des processions semblables avant la messe le 5 mai et le 26 juillet 1589. Souchet rapporte que, le 22 septembre 15914, il y eut procession de la Sainte- Châsse, dans la haute villé, comme à la Fête-Dieu, et qu'avant de partir, après le sermon de Charles Miron, évêque d'Angers, quatre enfants d’aube, tenant chacun un cierge blane à la main et à genoux, commencèrent
dans le chœur l’antienne : Domine, non secundum.
2? Souchet, IIT, p. 519, 26 octobre.
3 Souchet, IV, 3.
4 Id. IV, p. 270,
On suivait un rituel semblable chaque fois que l’on faisait les prières des Quarante Heures, soit pour le Roï, soit pour l'Évêque. Quatre enfants allaient chercher le Saint- Sacrement au Trésor, avant ou après la messe, quelquefois après Complies, et lorsqu'il était exposé, quatre autres enfants, avec des torches, à genoux, entonnaientle Domine, non secundum, au milieu du chœur. Les musiciens chantaient le Sub tuum, le Domine, salvum fac Regem, et le Da pacem, puis la procession partait. Tant que le Saint-Sacrement restait exposé, les musiciens se relayaient jour et nuit et chantaient tout le psautier. À Matines et à la messe, les enfants faisaient les mêmes cérémonies qu’à l’octave de la Fête-Dieu, et tout était en musique. A la clôture, avant que le Saint-Sacrement fût reporté au Trésor, les quatre enfants revenaient au milieu du chœur avec des cierges, et y chantaient comme à l'ouverture le trait : Domine, non secundum. Ces. cérémonies eurent lieu souvent au xvi° et surtout au xvur° siècle : on les voit, par exemple en 1702, en 1705, en 1707, en 1708, en 1721, en 1744, 1745, 1760, 1765, 1766, 1767.
Outre ces processions du Saint-Sacrement, il y avait celles de la Sainte-Châsse à Josaphat (1501, 1708); et celles de Saint Taurin et de Saint Piat (1716). Comme elles se faisaient pour attirer la miséricorde de Dieu, les enfants, au départ, chantaient, toujours à genoux, au milieu du chœur, avec des cierges blancs, le Domine, non secundum. Et pendant la marche, ils psalmodiaient les litanies auxquelles les musiciens répondaient en faux bourdon.
Il y avait encore les processions des temps de jubilé
(1702, 1727). La première se faisait après Sexte, avant la
messe solennelle : on partaiten chantant le Vent Creator : au retour, dans la nef, quatre enfants de chœur, à genoux, avec un cierge, entonnaient : Emitte Spiritum tuum. Aux autres processions imposées pour gagner le jubilé, ils chantaient d’une église à l’autre les litanies, et le chœur leur répondait en faux bourdon, et au retour devant la Vierge du jubé, quatre d’entre eux, suivant le cérémonial accou-
tumé, commencçaient le Domine, non secundum ‘.
E. — Chants des enfants aux messes de fondation particulière
Non seulement les offices ordinaires du matin avaient pris peu à peu une solennité dont lesenfants faisaient les frais, mais ils s'étaient augmentés de plusieurs autres qui réclamaient aussi leur participation. Entre la messe De Beata, et celle du jour, à l’issue des Matines, s'étaient intercalées des messes de fondation nombreuses auxquelles ils devaient chanter.
Tous les dimanches, leur maître disait ?, à la chapelle Vendôme (1570, 1744), une messe où leur présence était requise. Tous les samedis, ils g'agnaient trois pains, en assistant à une autre messe fondée en l'honneur de Notre- Dame par le chanoïne Erard de Diey, en 1356%. Trois fois par semaine, ils chantaient à celle qu'avait fondée Bureau
de la Rivière, en 1367 : elle était célébrée par un de leurs
maîtres dans la chapelle des Apôtres, chapelle dite, à cause de cette fondation, des chevaliers ou des enfants de chœur !. Clément VIT, en 1534, accorda 50 jours d’indulgence aux fidèles qui l’entendraient ?.
D’autres messes les appelaient encore constamment à la Crypte, et d'abord celle que Ch. Louis-Marie d'Illiers y fonda en 1509 *. Elle était quotidienne et leur rapportait des droits d’assistance. Le chanoine Etienne Robert en établit une aussi tous les samedis dans le même sanctuaire en 1658 *. Les énfants s’y rendaient, ou plutôt y couraient, même avant la fin des Laudes, et y chantaient très précipitamment, dit-on, le Veni Creator, le Salve Regina et le De profundis en faux bourdon. Cette messe, d’ailleurs, était gênante, car elle prenait sur le temps où les enfants devaient étudier la grammaire, et le Chapitre se décida difficilement à l’autoriser. Deux autres messes furent fondées par Madame Lubin Camiaille, en 1691 5, pour le 14 mars, fête de Saint-Lubin, et le 26 mars, lendemain de l’Annonciation, avec un Libera et un De profundis. Quatre le furent aussi par Mademoiselle Patin, en 1713, pourles mercredis des Quatre-Temps,avecun Libera et un Salve Regina, à l'intention du chanoine Patin, son frère. Enfin quatre autres furent établies par M. de Denonville, en 1723, pour les vendredis des Quatre-Temps, avee
un De profundis 7.
2R. G., 1007/2, f. 251. — Rouillard, Parthénie, I, p. 143. — G. 680. 3 G. 1488, f. 30, et G. 1471, et G. 134, f. 990 v.
: G. 1488, 4 déc., f. 55.