‹ L'Ancienne maîtrise de Notre-Dame de Chartres du Ve siècle à la RévolutionChapitre 59 sur 153 · ORNE · texte numérisé non relu

ORNE

l'ayant oublié en 1564, fut condamné avec les heuriers à six livres d'amende, et à jeûner pendant un jour au pain et à l’eau.

Enfin, c'était Henri II lui-même qui, en 1587, avait fondé des processions aux premières et aux deuxièmes Vêpres de la Madeleine, de Saint Roch et de Sainte Anne, moyennant une lampe d'argent de deux mille éeus. « A la sortie du chœur sera chanté en faulx bourdons le pseaulme 50° : Miserere mei, Deus, et à la dite station sera chanté : Salve Regina, commencée par les petits enfans de cœur, qui auront chacun ès mains ung cierge de cire blanche pesant deux quarterons pièce, et icelle continuée par le

chœur... !»

B. — Stations et chants dans la nef après Complies

Mais c'est après Complies qu'il y avait encore le plus de ces fondations où les enfants étaient en jeu. Dès 1260, Pierre de Bordeaux ? avait demandé que le Salve Regina fût chanté dans le chœur tous les samedis. En 1434, Jacques deTempleuve fitaux Maîtrisiens des legs importants dans une intention semblable. « Je donne et lègue, disait-il, à l’église de Chartres, pour l’augmentation et l'entretien des six ou sept enfants en aube de cette église, de quorum statu ego fui in mea juventute, les héritages que j'ai acquis près de Chartres, à cette intention que, si cela plaît aux

chanoines, ces enfants soient tenus de dire et de chanter,

1 G. 1488, 27 juin, f. 39. — G. 4941, £. 193. ? Cart. de N.-D., LIT, 162.

chaque samedi après Complies, ante imaginem B. M. in navi, la prose : Inviolata, le verset, l’oraison, le De profundis !. »

Charles d’Illiers, doyen du Chapitre, donna, en 1514, aux enfants de chœur la moitié du manoir qu'il avaiten la paroisse de Grandhoux... « a la charge que six des dits enfants de chœur, ayant chacun une chandelle de cire alumée en leurs mains jointes, soient tenus, chacun samedi de l’an a toujours may à l’issue de Complies, chanter à haute voix devant l’image de Notre-Dame en la nef : Salve Regina, avec le verset : Ora pro nobis et les oraisons : Deus, qu de beatæ, et à la fin un De profundis* ».

Nicolas Thiersault, en 1576, compléta cette fondation par un Ave regina où un Alma Redemptoris « où deux enfants de chœur chanteront le verset: Ora pro nobis… de même qu'aux autres Jours, où 1ls assistent à Complies, ils chantent le verset : Dignare me... après l’antienne : Sub LUN... 2».

Jean Nantier, chancelier, en 1557, fonda pour chaque vendredi de l’année, devant le Crucifix et la Vierge du jJubé, une autre antienne, le Stabat mater et le De profundis, moyennant quoi il laissa aux enfants trois jardins au clos de la chancellerie “.

Enfin, des Salve Regina suivis de De profundis, à chanter par les enfants de chœur, ayant un cierge à la main, à la fin de Complies, dans la nef, furent fondés

pour tous les dimanches de Carême, en 1509, par Etienne | ) ;

1 G. 1468 et G. 134, f. 211,17 avril.

2 G. 1488, 1471, 1490. — G. 184, f. 220 v., 1er janvier. 3 G. 282, 20 février.

# G. 14475. — G. 1490 21 octobre,

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Lhomme !, — pour les dimanches du temps pascal, sur la fin du xvr' siècle, par M. Prémont, — pour les dimanches d’Avent, à la même époque, par M. Lelièvre. Au xvn' siècle, le maître recevait dix livres pour chacune de ces trois séries de Saluts que le peuple aimait beaucoup, et dont les enfants l'avertissaient en sonnant les commandes au Nunc dimitiis.

Mais il y en avait d’autres à certains jours de fêtes. Martin Poperon ?, en fonda un pour l’Annonciation, comme pour Noël, en 1556. Après Complies, l’on se rendait dans la nef, et soit quatre soit dix enfants, un cierge blanc à la main, à genoux devant la Vierge, entonnaient le répons, et chantaient le verset, puis le versicule de l’antienne à la Vierge, le Benedicamus Domino et le De profundis. À Noël, c'était le répons : Ave Maria et l’antienne : Inviolata. Ces Saluts, comme on les appelait, se répétaient pendant toute l’octave de l’Annonciation. Guillaume le Houic, en 1628, en fonda de semblables, au retour de la procession de l'octave de la Purification. Martin Bocher, en 1535, voulut, à l'issue des Complies de la Saint Martin d’hiver, que les enfants tenant un cierge, chantassent dans la nef le Salve Regina et le verset #, Enfin, en 1572, le chanoime Macé Sallier demanda qu'outre la procession qui se faisait à la Brèche avant la

grand’'messe, il y en eût une après Complies dans la

1 G. 1471, 27 janvier. — G. 1488, f. 29.

2 Bibl. mun., 538, f. 25 vo et 539. Ces deux manuscrits sont des processionnaux ; le dernier était entre les mains des enfants.

3 G. 1488, 29 octob.

à GE. 1488, 16 déc,

nef, où les enfants chanteraient l’Inviolata, le verset : Ave Maria, et le De profundis pour les soldats défunts !.

À Pâques, à la Pentecôte et à l'Assomption, il y avait encore le soir, après les Complies, un Salut qu’on appelait les Grâces. Girardot, archidiacre de Dreux en 1642 ?, voulant que celles de Pâques fussent plus solennelles, ordonna que « Messieurs étant assemblés dans le chœur avec la modestie et la décence convenables à la célébrité du dit jour, soit commencée la litanie de Notre-Dame de Lorette par deux des enfants de chœur, laquelle sera continuée processionnellement à l’entour de l’église ; et pendant icelle procession et station qui se fera au retour dans la nef, six des dits enfants porteront ès mains chacun un flambeau de cire blanche allumé, du poids de cinq quarterons pièce : deux desquels enfants seront placés et posés vers Messieurs les Dignités, deux autres au milieu de Messieurs , et les deux autres au milieu des heuriers et

matiniers. »

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