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maîtres y avaient toujours été chargés de leur formation : mais que pour enseigner, garder et nourrir ces enfants, pour assurer à ces maîtres le salaire, le vivre et l’habit, il n'y avait jamais eu de revenus fixes et spéciaux, qu'on avait dû les entretenir sur la manse. Ils ajoutaient que les fruits de cette cure, d’après l'estimation commune, n'excédaient pas la valeur annuelle de 90 livres tournois, et ils terminaient en suppliant le Pape de la leur abandonner. Le Pape y consentit à condition que la paroisse serait administrée par un vicaire tiré du Chapitre ou nommé par lui. C'était le 18 des kalendes de décembre 1475. À partir de ce temps, le Chapitre donna cette cure en bal et en affecta le loyer au maître et aux enfants. Il déclarait le jeudi 23 février 1645 ! « ce bail de 200 livres de ferme et pension d'argent, payable par chacun an par le dit preneur en ceste ville de Chartres, en notre acquit et décharge, au maistre des enfants de chœur de nostre église, pour estre emploiés à la nourriture en partie des dicts enfants, suivant et au désir des bulles obtenues de nos saincts Pères les Papes, et conformément aux arrestés de Nosseisneurs de la cour de Parlement. »
La cure de Saint-Saturnin resta sous ce régime jusqu’au milieu du xvu° siècle. À ce moment, en 1664, l'évêque et les paroissiens, par l'organe de l’avocat général Omer Talon, firent déclarer abusive sa réunion au Chapitre. Celui-ci céda pour le curé et il nomma M. Gilles Marie à
titre inamovible; mais il garda les revenus jusqu’au
bout!. Ce ne fut qu’en 1787 qu'il en céda tous les
titres.
D. — Legs à la Maîtrise à l’occasion des Obits
A ces ressources s’ajoutaient les fondations en faveur de la Maîtrise entière. Elles étaient assez nombreuses. Au xiv° siècle, Robert d’Etampes avait laissé deux maisons aux enfants à la charge de dire deux messes par an à Saint-Nicolas? (1343) ; ce legs, contesté par ses héritiers en 1375, fut victorieusement revendiqué par le Chapitre. Jacques de Templeuve, prévôt de Normandie, chanoine d'Arras, conseiller et premier chapelain du duc de Bourgogne, se souvenant d’avoir été élevé, comme il disait, dans l’église de Chartres, lui légua, pour l'augmentation de la sustentation de siæ ou sept enfants d’aube, disait-il encore, son manoir et son jardin de Mautrou, près Chartres, avec le pressoir qui s'y trouvait, et un quartier de vigne au même terroir: de plus, son manoir de Boizard avec ses dépendances, et tout ce qu'il avait acquis dans le pays de Clévilliers. Il y mettait la condition de chanter un Inviolata et un De profundis tous les samedis après Complies, dans la nef. Le même chanoine donna encore à l’église de Chartres son manoir de Chavernay-le-Petit avec toutes ses dépendances, pour l'augmentation de son anniversaire ?.
à Vie de M. Gilles Marie, Chartres, Garnier, 1878, pp. 64 et 342. — Le factum d'Omer Talon existe encore. — Voir aussi les procès-verbaux de la Société archéologique d’Eure-et-Loir, IX. p. 358.
3 G. 1468, 17 avril 1434.